The Paper Chase

1-Love Theme from
The Paper Chase 2.37**
2-The Passing of Wisdom 3.06***
3-Bach: 'Little Fugue' in
G minor 2.05***
4-Be Irrational 2.55*
5-Kevin's House (source) 2.32
6-Hart in a Hurry 1.16
7-Thinking of Susan/
Kingsfield's Study/
The Empty Classroom 3.12
8-Kevin's Tutor (source) 3.36
9-To The Hotel 2.02***
10-Telemann: Concerto in D Major
(Allegro) 1.39 **/***
11-Real Identity/Into The Sea 3.35*
12-End Title 2.38*

Conrack

13-Main Title 6.07*

The Poseidon Adventure

14-Main Title 2.13
15-Rogo and Linda 1.32**
16-To Love (source) 3.07
17-The Big Wave 4.01*
18-Raising the Christmas Tree 3.24
19-Death's Door 5.02
20-Search for
the Engine Room 2.49***
21-The Barber Shop 3.05*
22-Death of Belle 3.26***
23-Hold Your Breath 3.06*
24-The Red Wheel 3.00
25-End Title 3.34

*Contient de la musique
non utilisée dans le film
**Non utilisé dans le film
***Stéréo

Musique  composée par:

John Williams

Editeur:

Film Score Monthly
Silver Age Classics FSM

Album produit par:
Lukas Kendall, Nick Redman
Séquencage et
supervision assemblage:
Michael Matessino
Producteur associé:
Jeff Bond
Coordinateur du projet pour
la 20th Century Fox:
Tom Cavanaugh

Artwork and pictures (c) 1972/1973/1974 Twentieth Century Fox Film Corporation. All rights reserved.

Note: **1/2
THE POSEIDON ADVENTURE
ORIGINAL MOTION PICTURE SOUNDTRACK
Music composed by John Williams
Célèbre spécialiste des films catastrophes, Irwin Allen brilla tout au long des années 70 en nous offrant des grosses productions typiquement hollywoodiennes telles que ‘The Towering Inferno’ ou ‘The Swarm’. ‘The Poseidon Adventure’ est avec ‘The Towering Inferno’ sa plus célèbre production dans le style du film catastrophe à l’hollywoodienne. Le S.S. Poséidon est un luxueux paquebot qui se dirige vers la Palestine. Le soir du réveillon du nouvel an, une catastrophe touche le bateau de plein fouet: un énorme raz-de-marée balaie le Poséidon qui fait se retourner entièrement le paquebot et sombrer lentement dans les profondeurs. A l’intérieur de l’épave, un groupe de survivants menés par le révérend Frank Scott (Gene Hackman) tentent de retrouver la sortie par les coursives qui n’ont pas encore été atteintes par l’eau. Une course contre la montre s’engage alors pour tenter de remonter jusqu’en haut de l’épave alors que l’eau commence à envahir une bonne partie de la coque et qu’une série d’explosions viennent secouer régulièrement le paquebot. Evidemment, le scénario est ici extrêmement faible, n’étant qu’un prétexte à une intrigue de film catastrophe parfaitement conventionnelle dans laquelle un groupe de survivants tentent de sortir d’un cauchemar sans fin. En 1972, le concept n’était pas tout à fait nouveau, mais il faut néanmoins avouer que l’on avait encore rarement vu un film catastrophe de cette envergure à Hollywood. Le film s’inspire du roman de Paul Gallico retraçant un souvenir de jeunesse à bord du Queen Mary lorsqu’une immense vague toucha le paquebot et faillit le faire couler d’une façon similaire à celle décrite dans le film. Le tournage du film a été extrêmement périlleux, le réalisateur Ronald Neame ayant tenu à ce que les acteurs assurent eux-mêmes leurs propres cascades pour plus de réalisme. Le tournage a donc été particulièrement éprouvant pour les acteurs du film, que ce soit par la présence constante de l’eau, des flammes ou même de la tension entre certains acteurs comme Red Buttons et Carol Lynley, qui interprètent respectivement James et Nonnie dans le film, tombant amoureux l’un de l’autre, alors qu’ils se détestaient sur le tournage du film (il s’agit sans aucun doute de l’une des plus fameuses anecdotes au sujet du tournage de ‘The Poseidon Adventure’). La plupart des acteurs se sont d’ailleurs plaint auprès de la production en affirmant que le tournage était extrêmement éprouvant physiquement.

Ajoutons à cela quelques problèmes de dépassements de budget qui ralentirent le tournage (il faut dire qu’avec ses décors titanesques sans dessus-dessous, ‘The Poseidon Adventure’ a un look vraiment grandiose pour l’époque!), et l’on comprendra aisément pourquoi le film de Ronald Neame fut particulièrement difficile à mettre en oeuvre. Mais le résultat est là. Aujourd’hui, près de 33 ans après le film, ‘The Poseidon Adventure’ n’a pas perdu une ride, grâce à un casting remarquable et des intrigues psychologiques excellentes qui permettent d’apporter du relief à un film qui ne se contente pas de mettre en avant le côté ‘catastrophe’ mais qui nous offre aussi une galerie de personnages hauts en couleurs, que ce soit le révérend désabusé/meneur d’hommes campé par Gene Hackman, l’incessant râleur irritant interprété par Ernest Borgnine ou le vieux couple juif serein campé par Jack Albertson et Shelley Winters. La tension et l’émotion sont quasi palpables dans les scènes fortes et anthologiques du film comme l’ascension par l’arbre de noël, la scène où le révérend se suspend à la vanne au dessus du vide ou lors de la traversée sous-marine pour rejoindre la salle des machines (on aura rarement vu à l’époque des scènes sous-marines filmées aussi magnifiquement), avec, en prime, une belle leçon sur la quête de la survie en cas de catastrophe et la volonté de se battre jusqu’au bout avec foi, courage et détermination (le film ne manque ni d’émotion, ni d’humanité). Sans aucun doute le chef-d’oeuvre du film catastrophe hollywoodien made in ‘seventies’, un film tragique, psychologique, spectaculaire et captivant, qui a fait pas mal d’émule depuis, même encore aujourd’hui puisque Wolfgang Petersen prévoit un remake du film de Ronald Neame d’ici 2006.

La partition symphonique de John Williams pour ‘The Poseidon Adventure’ est bien loin d’être ce que le compositeur a fait de mieux dans le genre. Il faut croire que le genre ne l’a jamais trop inspiré car, deux ans après, le maestro écrira une musique totalement ininspirée pour le ‘Earthquake’ de Mark Robson (1974). Ceci étant dit, le score de ‘The Poseidon Adventure’ possède ses bons moments, et ce même si la participation du compositeur au film reste assez limitée, le film n’utilisant qu’une quarantaine de minutes de musique seulement. Le score repose sur un thème principal sombre et cuivré exposé fièrement dès le traditionnel générique de début du film (‘Main Title’). Alors que l’on aperçoit à l’écran les premiers plans du luxueux paquebot, Williams dévoile son thème par des cuivres massifs et sombres avec des cordes rythmiques et quelques vents, le pupitre des cuivres dominant ici la musique afin d’asseoir le caractère action/aventure/spectaculaire de la musique et d’annoncer à l’avance la catastrophe qui est sur le point de se produire (à noter que le thème annonce clairement celui de ‘The Towering Inferno’). Pourtant, en dehors de cette ouverture assez massive, le reste du score se veut nettement plus restreint et calme. Williams délaisse les gros cuivres de l’introduction pour se concentrer par la suite sur l’élaboration d’une atmosphère plus menaçante et sombre alors que le danger semble guetter les survivants de la catastrophe du Poséidon au moindre pas qu’ils font.

Le score évoque les sentiments de claustrophobie à l’intérieur de l’épave du paquebot. Après un massif et sombre ‘The Big Wave’ qui évoque la scène du raz-de-marée (musique utilisée partiellement dans le film), ‘Raising the Christmas Tree’ illustre à son tour la scène du sapin de noël de façon sombre, avec cordes, vents et cuivres à l’appui. Williams illustre la détermination des survivants à s’en sortir, tout en conservant systématiquement ce côté noir et extrêmement atmosphérique dans lequel l’idée d’espoir semble être définitivement bannie. ‘Death’s Door’ est ainsi très représentatif de cette atmosphère noire avec un langage atonal totalement assumé par le compositeur. Cette musique atonale se prolonge par exemple dans la scène où le révérend traverse la cuisine en feu tout en découvrant les cadavres à moitié calciné du reste de l’équipage. La noirceur de la musique est ici particulièrement impressionnante, Williams mettant l’accent sur des cordes aiguës dissonantes teinté d’une certaine gravité et d’un profond sentiment d’inquiétude. La musique se veut donc ici plus psychologique, illustrant les sentiments d’isolement, de claustrophobie, de menace et de danger permanent. Idem pour ‘Search for the Engine Room’, ‘The Barber Shop’ ou le sombre ‘Death of Belle’, où l’on ressent une certaine amertume à travers l’écriture orchestrale restreinte du compositeur et les sonorités sombres de l’orchestre (à noter l’utilisation du piano ‘thriller’ dans certains passages de tension du film, renforçant le côté noir et atonal de la musique de Williams). Le thème reste toujours très présent, développé sous des variantes souvent plus lentes ou calmes, mais qui suggère continuellement cette quête désespérée pour la survie, sans apporter cependant la moindre touche d’espoir ou de lumière au score.

Hélas, plus le film avance, plus la musique finit par devenir quelque peu ennuyeuse et plate. Les morceaux n’interviennent qu’à peu de reprise, mais lorsqu’ils apparaissent, ils apportent néanmoins leur lot de suspense et de tension au film, tout en accentuant l’intensité de certaines scènes. Mais c’est bien peu par rapport au réel intérêt d’un score atmosphérique particulièrement plat et monotone, alors que le ‘Main Title’ annonçait pourtant une partition spectaculaire et captivante. Certes, la musique remplit bien ses fonctions dans le film, atteignant son climax dans ‘The Red Wheel’ (scène spectaculaire où le révérend se suspend au dessus du vide en s’accrochant à la vanne rouge) et le ‘End Title’ où l’orchestre se veut plus imposant avec le retour des cuivres et des cordes rythmées comme dans le ‘Main Title’ (avec de nouveaux rappels du thème principal). Même lorsque les survivants se rapprochent de la porte les conduisant à la salle des machines d’où ils pourront s’échapper, la musique conserve ce ton sombre et sans espoir. Mais comme annoncé auparavant, on en reste malgré tout sur notre faim, la musique de John Williams n’arrivant pratiquement jamais à retenir notre attention, faute d’idées mémorables et d’un certain manque d’originalité et de relief. Quand on sait de quoi le maestro est capable, il y a de quoi être déçu!


---Quentin Billard