1-Jack Sparrow 6.06
2-The Kraken 6.55
3-Davey Jones 3.15
4-I've Got My Eye on You 2.25
5-Dinner is Served 1.30
6-Tia Dalma 3.57
7-Two Hornpipes (Tortuga) 1.14
8-A Family Affair 3.34
9-Wheel of Fortune 6.45
10-You Look Good Jack 5.34
11-Hello Beastie 10.15
12-He's a Pirate - Tiësto Remix 7.03

Musique  composée par:

Hans Zimmer

Editeur:

Walt Disney Records 61593-7

Musique additionnelle:
Lorne Balfe, Nick Glennie-Smith,
Trevor Morris, Geoff Zanelli

Producteur exécutif soundtrack:
Gore Verbinski, Jerry Bruckheimer

Artwork and pictures (c) 2006 Walt Disney Pictures. All rights reserved.

Note: **
PIRATES OF THE CARIBBEAN: DEAD MAN'S CHEST
ORIGINAL MOTION PICTURE SOUNDTRACK
Music composed by Hans Zimmer
Tourné au même moment que le troisième opus prévu courant 2007, ‘Pirates of the Caribbean’ numéro 2 a de quoi ravir les fans du premier film. Toujours réalisé par Gore Verbinski et placé sous la houlette de Jerry Brukcheimer, et toujours inspiré de l’attraction d’un parc à thèmes à Disneyland Floride, ‘Pirates of the Caribbean: Dead Man’s Chest’ nous permet de retrouver le trio de héros qui avait fait le succès du premier opus: le toujours aussi excentrique pirate Jack Sparrow (Johnny Depp), désormais capitaine du Black Pearl, l’intrépide Will Turner (Orlando Bloom) et sa femme Elizabeth Swann (Keira Knightley - toujours aussi ravissante!), qui n’hésitera pas à se lancer corps et âme dans cette nouvelle aventure, se faisant même passer pour une pirate. Lorsque Jack Sparrow se retrouve brusquement confronté à son passé, il n’a d’autre choix que d’entraîner Will dans son sillage et l’aider à affronter une nouvelle aventure. Il y a treize ans, Jack signa un terrible pacte avec Davey Jones, le maléfique maître des sept mers et légendaire capitaine du hollandais volant qui erre aujourd’hui sous l’apparence d’une créature tentaculaire immortelle, avec son équipage fantôme maudit. Davey Jones offra ainsi le Black Pearl à Jack en échange de son âme. Aujourd’hui, le pirate maudit est de retour et exige son dû. Jack Sparrow n’a plus qu’une solution: retrouver le très convoité coffre maudit de Jones qui contiendrait le secret capable de mettre un terme à la malédiction: le coeur de Davey Jones. Il aura donc pour cela besoin des services de Will. Ce dernier a été arrêté par le nouveau gouverneur Norrington (Jack Davenport) avec Elizabeth. Norrington lui propose alors un marché: s’il récupère le coffre de Davey Jones et qu’il le lui ramène, il annulera son exécution pour lui et sa femme. Will n’a donc pas d’autre solution que de faire équipe avec Jack Sparrow pour affronter ensemble la malédiction de Davey Jones et découvrir le secret de son coffre maudit.

A partir d’un scénario somme toute assez classique, Verbinski signe une suite tout à fait honnête dans l’esprit du premier opus, à ceci près que ce ‘Pirates of the Caribbean 2’ est nettement plus sombre que le premier épisode. On appréciera ici le côté plus imposant des créatures monstrueuses/aquatiques de l’équipage de Davey Jones, tout en soulignant au passage l’incroyable qualité des effets spéciaux et des maquillages (visuellement, le film est très proche de la perfection). Effectivement, ce second épisode s’avère être bien plus noir avec des scènes plus effrayantes ou des passages à la limite du gore (scène des prisonniers qui se font dévorer les yeux par des corbeaux au début du film – scène du coeur de Davey Jones, etc.). Pour un grosse production d’aventure tout public aussi formatée, ‘Pirates of the Caribbean 2’ s’avère être quelque peu audacieux, le film conserve malgré tout l’humour du premier opus avec un Johnny Depp toujours aussi surexcité dans la peau du désormais mythique Jack Sparrow – un personnage énergique que l’acteur apprécie particulièrement comme en témoignent les récents propos formulés par Johnny Depp au sujet de la popularité grandissante de son personnage. Décidément, l’acteur semble avoir trouvé là l’un de ses meilleurs rôles, Jack Sparrow s’avérant être bien plus ambigu et complexe dans ce second épisode, comme la plupart des protagonistes principaux d’ailleurs. On en découvre donc un peu plus sur le passé de Jack Sparrow et même sur celui de Will puisque ce dernier retrouvera son père (interprété par Stellan Skarsgard) au cours de son aventure, devenu un membre de l’équipage maudit de Davey Jones. Avec encore plus d’effets spéciaux énormes, d’humour, d’action, de mystère et de psychologie, ‘Pirates of the Caribbean: Dead Man’s Chest’ s’avère incontestablement être l’un des meilleurs blockbusters de l’été!

Hans Zimmer reprend donc le flambeau après avoir supervisé la musique du premier opus confiée à une dizaine de ses camardes de Media-Ventures (Klaus Badelt, etc.). Pour ‘Pirates of the Caribbean: Dead Man’s Chest’, Zimmer ne va pas chercher très loin et reprend le matériau thématique conçu par Badelt et ses compères sur le premier film, tout en créant de nouveaux thèmes. On retrouve ainsi le fameux thème principal toujours aussi orienté action/héroïque, et parmi les nouvelles mélodies on notera le thème de Davey Jones, une mélodie à trois temps quelque peu mystérieuse mais qui a bien du mal à souligner le côté maléfique du personnage dans le film (curieusement, on se serait attendu à un thème bien plus sombre et prenant). A noter que le méchant joue cette mélodie sur son orgue dans le film, et qu’on la retrouve aussi jouée par une petite boîte à musique appartenant au maléfique capitaine du hollandais volant. Jack Sparrow a droit aussi à son nouveau thème, exposé dès la première piste (‘Jack Sparrow’) et joué par un violoncelle et quelques cordes. Le nouveau thème du personnage de Johnny Depp souligne parfaitement quand à lui le côté espiègle, malicieux et calculateur du pirate excentrique, bien que là aussi on se serait attendu à un thème bien plus mémorable (Zimmer, en manque d’inspiration sur cette grosse production Bruckheimer? On l’a pourtant connu bien plus inspiré). On retrouve aussi dans ‘Jack Sparrow’ le thème de violoncelle aux allures dansantes associé aux pirates, thème issu du premier score de Klaus Badelt. Enfin, le dernier motif sera associé quand à lui au gouverneur Norrington et s’apparentera à un motif menaçant de trois notes répétées par un clavecin, un motif là aussi sans grand intérêt sur un plan purement musical.

Ce qui frappe à la première écoute, c’est le manque d’idée d’un compositeur obligé de recycler toutes ses formules habituelles, avec des orchestrations souvent pâteuses et indigestes, sans grand relief et trahissant les faiblesses techniques de Hans Zimmer (quid par exemple de la quasi absence du pupitre des bois dans l’orchestre?) comme nous le prouvent des pièces comme le tonitruant mais fastidieux ‘The Kraken’ (illustrant la scène de la très spectaculaire attaque du monstrueux Kraken), dominé par un orchestre massif, un choeur d’hommes se limitant à quelques onomatopées guerrières et quelques touches de synthé habituelles. Le son M-V est ici incontestablement présent, bien que l’on pourra noter l’utilisation plus étonnant de l’orgue associé ici à Davey Jones. Seulement, et c’est là où le bât blesse, Zimmer se retrouve à recycler un thème de son score pour ‘Batman Begins’ dans la première partie du morceau, conférant un côté dramatique au morceau assez réussi dans le film tout en trahissant un manque d’imagination flagrant (il faut dire que le mixage comme toujours catastrophique de la musique durant ces grosses scènes d’action empêche vraiment l’auditeur d’apprécier la musique à sa juste valeur dans le film). La dernière partie de ‘The Kraken’ bascule néanmoins dans des formules rythmiques de type ‘rock’ assez plaisantes bien que là aussi franchement peu originales de la part du compositeur (la coda finale d’orgue apporte néanmoins un côté gothique assez inattendu dans la scène du Kraken, lorsque le bateau coule après l’attaque de la créature). On retrouve en tout cas les sonorités héritées du premier score toujours bien adaptées au film de Gore Verbinski, mais avec le fun en moins!

Hélas, après un ‘Jack Sparrow’ sympa mais qui tourne affreusement en rond, un ‘The Kraken’ surpuissant mais musicalement assez pauvre, et un ‘Davey Jones’ sympathique (à noter son introduction par une boîte à musique, repris ensuite par une puissante fusion orchestre/choeurs/orgue) mais qui ne laissera pas un grand souvenir, le score de ‘Pirates of the Caribbean 2’ déçoit dès le début et semble nous rappeler que l’ère des grands scores de Media-Ventures pour les productions Bruckheimer (‘The Rock’, ‘Crimson Tide’, ‘Armageddon’, etc.) semble être belle et bien révolue. Hélas, ce qui suit ne semble pas essayer de remonter le niveau. On retrouve néanmoins une reprise d’un thème du premier score dans ‘I’ve Got My Eye On You’ comme dans l’excitant ‘Wheel of Fortune’ pour la scène de l’impressionnant affrontement sur la roue du moulin (scène techniquement splendide, avec des mouvements de caméra particulièrement virtuose!). La musique traduit ici toute l’excitation de l’affrontement avec un morceau d’action tonitruant typique du compositeur mais là aussi sans grande originalité (bien qu’il s’agisse néanmoins de l’un des meilleurs morceaux d’action du score de ‘Pirates of the Caribbean 2’). Le score nous offre néanmoins deux petites surprises: une valse de type européenne complètement déjantée pour la scène où Will et les prisonniers suspendus au dessus du vide dans leur cage en os se balancent près du bord de la falaise pour essayer de se libérer (‘Dinner is Served’) – Zimmer évoquant ici tout l’humour du film avec une vivacité rare (ce passage est-il d’ailleurs de Zimmer lui-même? Il ne ressemble à rien de ce que le compositeur a pu faire auparavant curieusement), et une petite gigue de type celtique/irlandaise pour ‘Two Hornpipes (Tortuga)’ écrite pour accordéon/guitares/violons durant la scène de l’affrontement dans la taverne de la Tortuga, morceau empreint là aussi d’un humour très direct et très appréciable dans le film, une petite incursion vers d’autres genres musicaux qui tente d’apporter une timide éclaircie musicale dans un score somme toute très pauvre musicalement et toujours ancré dans ce côté ‘score fast-food industriel’ qui faisait déjà défaut au premier score de Klaus Badelt (exemple: ‘You Look Good Jack’).

On pourra néanmoins apprécier quelques passages plus dramatiques comme la relation entre Will et son père dans ‘A Family Affair’ avec un violoncelle soliste plus mélancolique qui souligne la malédiction du père de Will et son impossibilité à trouver une issue, sans oublier ‘Hello Beastie’ pour la scène de la disparition finale de Jack Sparrow contenant une sorte de requiem pour choeurs et orchestre poignant typique de Zimmer (on pense ici à un passage final de ‘Gladiator’ par exemple). Le reste du morceau oscille entre de l’atmosphérique et de l’action pour la coda du film, débouchant sur un très solide générique de fin reprenant le thème principal du premier score malheureusement absent de l’album. A vrai dire, il manque énormément de morceaux sur le CD qui, comme toujours chez Zimmer, fait l’impasse sur de nombreux passages intéressants qui auraient pourtant apporté un peu de relief à la sélection des morceaux de l’album du score de Hans Zimmer, qui n’est pas toujours très judicieuse (on se serait par exemple bien passé ici du très fade ‘You Look Good Jack’ ou du peu intéressant ‘Tia Dalma’). Et que dire de cet horrible remix techno très 'nineties' incroyablement kitsch qui conclut l'album du score alors que l'on aurait préféré entendre à la place le 'End Credits' du film!

Si le premier score de Klaus Badelt décevait par son côté ‘fast-food’ facile et sa facette ‘compilation de hits Media-Ventures’, il possédait néanmoins un fun et une énergie communicative dans le film particulièrement marquante sur l’album (qui était admirablement bien conçu). Hélas, on ne pourra certainement pas en dire autant de ce second opus bien fade signé Hans Zimmer, qui, après la récente claque musicale que représente ‘Da Vinci Code’, nous offre un ‘Pirates of the Caribbean 2’ extrêmement fade sur un plan purement musical, sans grand intérêt à écouter en dehors des images du film et très peu inspiré du point de vue thématique, bien que les fans du compositeur pourront se délecter de quelques bons morceaux d’action et d’envolées thématiques agréables sans casser trois pattes à un canard. Si la musique apporte néanmoins son lot d’excitation, de frisson et d’aventure au film de Gore Verbinski, son écoute sur l’album s’avère être très décevante et bien en dessous encore du pourtant déjà très pauvre ‘Pirates of the Caribbean: The Curse of the Black Pearl’. Une fois encore, il est parfaitement regrettable de constater à quel point les productions Jerry Bruckheimer continuent de tirer ainsi dangereusement le niveau musical vers le bas, alors qu’il fut un temps où la qualité était encore de rigueur dans les musiques made in Bruckheimer. Pour le coup, on en vient même à préférer le premier score de Klaus Badelt et sa bande, qui était bien plus réussi et diablement plus fun. Quand au traditionnel côté musique de pirate/swashbuckler à la Korngold, n’en cherchez point trace dans cette partition, qui s’adresse plutôt aux fans de Media-Ventures et aux nostalgiques d’un son qui paraît aujourd’hui bien dépassé et complètement surfait.


---Quentin Billard