1-Ouverture 0.46
2-Concerto pour violon
et orchestre - mi mineur 1.23*
3-Enae Volare - Générique Fin 1.33+
4-Funerals 1.18
5-Le Chevalier de Montmirail 2.15
6-Le Roi 1.01
7-Le Convoi et la Sorcière 0.59
8-Enae Volare 3.30+
9-Witch Trick 0.18**
10-Hallucinations 0.43***
11-L'Ours et la Flèche 0.33
12-Cantique 0.35+
13-Maybe Baby 4.12++
14-Le Livre des Montmirail 0.20
15-Où Vit l'Enchanteur 0.34
16-C'est Diablerie 3.15
17-La Forêt Interdite 1.12
18-Messe Noire 1.12+
19-Rendez-Vous Secret 1.04
20-Symphonie Ecossaise 0.27*
21-Le Banquet de
Frénégonde 0.46+++
22-Chez l'Enchanteur 1.05**
23-Transformation 2.00**
24-1993! 0.22
25-Cavalcade 1.00
26-No Way Out 0.17**
27-Dragonal 1.06
28-Mille Ans Nous Séparent 0.27**
29-Le Sceau des Montmirail 0.41**
30-Adieu Dame Béatrice 1.10
31-Le Chant du Temps 0.24**
32-Les Oubliettes 2.01**

*Félix Mendelssohn
+Guy Prothéroe
et Eric Levi
**Ecric Lévi
et Frédérik Rousseau
***Yvan Cassar
++Adam Lawson
et Eric Lévi
+++Frédérik Rousseau.

Musique  composée par:

Eric Levi

Editeur:

Remark Records 517 829-2

Musique additionnelle de:
Frédérik Rousseau
Album produit par:
Eric Levi

Artwork and pictures (c) 1993 Remark Records. All rights reserved.

Note: ***1/2
LES VISITEURS
ORIGINAL MOTION PICTURE SOUNDTRACK
Music composed by Eric Levi
Grand succès populaire du cinéma français de l'année 1993, réalisé par Jean-Marie Poiré, « les Visiteurs » raconte l’histoire de deux hommes du moyen-âge qui se retrouvent catapultés malgré eux dans le monde du 20ème siècle. En l’an 1123, le Comte Godefroy de Montmirail, dit « le Hardi » (Jean Reno) est sur le point d’épouser Frénégonde de Pouille, fille du Duc Fulbert de Pouille (Valérie Lemercier). Mais alors qu’il se met en chemin pour se rendre à son mariage, Godefroy est empoisonné par une sorcière qui lui fait boire une potion maléfique. C’est alors que le Comte commence à être victime d’étranges hallucinations, qui finissent par le pousser à assassiner son futur beau-père. Afin de réparer sa faute, Godefroy, accompagné de son fidèle écuyer Jacquouille la Fripouille (Christian Clavier) demande alors au mage Eusaebius de lui concocter une potion magique afin de lui permettre de remonter le temps et d’empêcher que le drame arrive. Mais le mage se trompe dans les ingrédients, et au lieu de l’expédier quelques jours en arrière, il l’envoie au 20ème siècle, à notre époque, en 1993. Débarquant dans un monde qu’ils ne connaissent pas, Godefroy et Jacquouille vont très vite faire la connaissance de leur descendance : Béatrice de Montmirail, qui est le sosie de Frénégonde, et Jacques-Henri Jacquard, qui est le sosie de Jacquouille. Multipliant les gags et les situations improbables à un rythme effréné, « Les Visiteurs » a l’odeur des grandes comédies burlesques d’antan, à ceci près que le rythme s’avère être extrêmement soutenu et moderne - à la limite d’un montage de clip vidéo. La mise en scène quasi hystérique de Jean-Marie Poiré apporte une énergie indispensable à cette grosse farce délirante à mourir de rire, avec quelques gags anthologiques (scène dans le bain, scène où Jacquouille répond au téléphone avec sa corne, etc.) et quelques répliques cultes (« Okaaaay ! »). La rencontre entre le Moyen-âge et le 20ème siècle n’a jamais été aussi drôle ! Jean Reno et Christian Clavier semblent s’éclater comme des petits fous, avec au passage quelques beaux décors médiévaux filmés en partie au château de Beynac et dans la prestigieuse Cité de Carcassonne. Une comédie culte du cinéma français des années 90, incontournable ! Le réalisateur Jean-Marie Poiré a fait appel à son compositeur favori, le guitariste et chanteur Eric Levi pour écrire la musique du film « Les Visiteurs ». Pour information, Eric Levi a fondé en 1975 le groupe de hard rock français Shakin’ Street avec Louis Bertignac à la guitare et Corine Marienneau à la basse, deux musiciens qui rejoindront un an après le groupe Téléphone fondé par Jean-Louis Aubert en 1976. En 1981, le groupe prend fin et Eric Levi part s’installer aux Etats-Unis. Et c’est en 1992 qu’il revient finalement à Paris pour écrire la musique des « Visiteurs » à la demande de son ami, Jean-Marie Poiré. Rappelons d’ailleurs qu’Eric Levi avait déjà composé la musique du précédent film de Poiré, « L’Opération Corned-Beef » sorti en 1991. Pour « Les Visiteurs », Eric Levi a composé une musique qui possède diverses facettes : des ambiances médiévales et chevaleresques en passant par de grosses musiques orchestrales à l’hollywoodiennes, sans oublier des morceaux new-age pour choeurs latins et formation rock et même musique classique avec l’utilisation dans le film d’un extrait du très célèbre « Concerto pour violon en mi mineur » de Félix Mendelssohn, et un autre extrait tiré de la « Symphonie Ecossaise » de Mendelssohn. Ne sachant pas réellement écrire pour orchestre, Eric Levi s’est adjoint les services du compositeur Frédérik Rousseau (ancien assistant de Vangelis et Jean-Michel Jarre) et de l’arrangeur Yvan Cassar - qui a signé bon nombre de partitions pour le cinéma français au cours de ces cinq dernières années, sans oublier le chef de choeur Guy Protheroe qui s’est occupé de diriger la chorale grégorienne/new-age sur le tube 90’s « Enae Volare » (Eric Levi collaborera à nouveau avec Guy Protheroe par la suite, pour l’album « Era »). Erci Levi et son équipe ont donc conçu une bande originale extrêmement éclectique et diversifiée pour le film de Jean-Marie Poiré. La partition des « Visiteurs » est aussi connue pour avoir suscité une certaine polémique avec les morceaux « Le chevalier de Montmirail » et « Où vit l'enchanteur » qui sont des calques plutôt honteux d’un thème de « Robin Hood » de Michael Kamen, utilisant les mêmes figures mélodiques, les mêmes orchestrations et les mêmes rythmes (il aurait d’ailleurs été question d’un procès à ce sujet !). Cet excellent thème cuivré évoque le caractère chevaleresque et héroïque du chevalier de Montmirail et de ses exploits au début du film. Arrivent ensuite des morceaux d'ambiance purement médiévale, avec notamment « Rendez-vous Secret » et « Le Banquet de Frénégonde ». Toujours dans un style plutôt moyenâgeux, on notera le cantique chrétien chanté par une chorale religieuse dans le morceau « Cantique ». Toutes ces pièces accompagnent en réalité la première partie du film se déroulant en 1123. La musique évolue alors que Godefroy et Jacquouille arrivent par erreur dans le vingtième siècle. La musique d’Eric Levi souligne alors l'aspect plus moderne, voire anachronique, de deux hommes du moyen-âge perdu dans une époque qui n'est pas la leur. C'est l'idée que représente la superbe chanson « Enae Volare », écrite par Eric Levi pour les besoins du film. Un choeur prononçant un texte imitant la langue latine à l'unisson - évoquant les chants grégoriens du Moyen-âge - se mélange avec une formation rock essentiellement composée d’une batterie, d’une guitare électrique et de quelques synthétiseurs. Avec « Enae Volare », Eric Levi fait fort et signe l’un des tubes de la musique de film française des années 90, un morceau qui permettra d’ailleurs au compositeur de retenter par la suite l’expérience dans son premier album du groupe « Era » sorti en 1997. Le compositeur mélange alors sonorités new age/rock et chants grégoriens religieux, un bel exemple de métissage musical qui résume parfaitement l’esprit du film : une mixture anachronique et jouissive entre la musique religieuse médiévale et les rythmes modernes du 20ème siècle. « Enae Volare » donne d’ailleurs une pêche incroyable au film, à tel point que le morceau est devenu complètement indissociable de l’univers des « Visiteurs » (il contribuera aussi largement au succès de l’album « Era » qu’Eric Levi concevra d’ailleurs dans un style totalement similaire). La modernité du vingtième siècle est donc représentée à travers « Enae Volare » mais aussi dans le très fun « Cavalcade » qui laisse la part belle à la guitare électrique lorsqu’on voit Godefroy parcourir l’autoroute sur son cheval. A noter une très belle pièce pour cordes et orgue (« Funerals ») lors des funérailles du père de Frénégonde, tué accidentellement par Godefroy, et un morceau plus lyrique et mélancolique dans « Adieu Dame Béatrice » : dommage cependant que le compositeur n’ait pas pu développer davantage ce très beau morceau. On notera aussi le morceau solennel et majestueux entendu lors de l'arrivée du roi (« Le Roi »), écrit pour cordes et cuivres. Eric Levi a aussi laissé sa place à Frédérik Rousseau qui a écrit quelques morceaux aux atmosphères plus sombres et mystérieuses, comme par exemple « Les Oubliettes », morceau plutôt orienté sur les nappes synthétiques, ou encore l'inquiétant « Hallucinations », superbe pièce orchestrale dissonante écrite par Yvan Cassar pour la scène où Godefroy voit le château de Frénégonde se déformer, et qui démontre au passage le talent du compositeur dans le maniement des orchestrations. Enfin, on notera la petite chanson rock écrite par Eric Levi et Adam Lawson dans « Maybe Baby ». En conclusion, la bande originale de « Les Visiteurs » nous offre un panel très éclectique et varié de différents genres musicaux, qu’il s’agisse des envolées héroïques et hollywoodiennes du début (« Le Chevalier de Montmirail), de la musique classique (Mendelssohn), des ambiances plus sombres (« Hallucinations »), du mélange new age/grégorien (« Enae Volare ») et même de moments plus intimes et émouvants (« Adieu Dame Béatrice »), en bref, une partition possédant une multitude de facette, qui contribuent à évoquer le choc détonnant entre le moyen-âge et le 20ème siècle, entre la culture musicale du passé et celle du présent, et ce à l’image des aventures de Godefroy et de Jacquouille dans le film de Jean-Marie Poiré. Voilà en tout cas une partition plutôt riche et accrocheuse, une musique agréable et entraînante qui devrait séduire pleinement les mélomanes ! ---Quentin Billard