1-Cortez Extraction 6.04
2-Riding Monster 4.42
3-The Last Stand 4.07
4-Weapon of Choice 4.36
5-Canyon Shootout 4.27
6-High Noon on the Bridge 3.37
7-Burrell is the Right
Hand of Cortez 3.44
8-Jerry Dies and So 3.11
9-I Know What's Coming 4.58
10-The Combat 5.57
11-Mowg's Symphony 6.33

Musique  composée par:

Mowg

Editeur:

Lions Gate Records download only

Direction de la musique:
Tracy McKnight
Préparation de la musique:
Robert Puff
Montage musique:
Scott Stambler
Orchestrations:
Dominik Hauser

(c) 2013 Di Bonaventura Pictures. All rights reserved.

Note: ***
THE LAST STAND
ORIGINAL MOTION PICTURE SOUNDTRACK
Music composed by Mowg
Comme il aime à le rappeler continuellement dans la plupart de ses films, Arnold Schwarzenegger « is back ! ». Dans son dernier film, « The Last Stand » (Le dernier rempart), réalisé par le sud-coréen Kim Jee-Woon, Schwarzy interprète le shérif Ray Owens, qui veille sur la petite ville de Summerton Junction en Arizona. Ancien flic de Los Angeles, Owens a décidé de quitter son poste suite à l’échec d’une mission qui coûta la vie à ses collègues, pour se retirer dans cette petite ville paisible de l’Arizona, où il ne se passe pas grand chose au quotidien. Pendant ce temps, à Las Vegas, l’agent Bannister (Forest Whitaker) organise avec d’autres agents du FBI le transfert d’un dangereux trafiquant de drogue, Gabriel Cortez (Eduardo Noriega), qu’il doit escorter jusqu’à la prison de la ville. Mais Cortez réussit finalement à s’évader avec l’aide de ses complices, après avoir monté un plan audacieux pour l’aider à s’échapper. Il emmène alors avec lui un otage et monte à bord d’une Corvette ZR1 modifiée. Franchissant violemment tous les barrages de police de l’Arizona grâce à ses complices, Cortez continue de traverser les routes de l’état en fonçant à toute vitesse, dévastant tout sur son passage. Objectif du trafiquant de drogue : passer la frontière mexicaine et semer le FBI pour de bon. Averti par l’agent Bannister que Cortez se dirige tout droit vers Summerton Junction, le shérif Owens doit s’activer pendant que ses adjoints enquêtent sur le meurtre d’un agriculteur local, tué d’une balle dans la tête. Suivant les traces de pneus, les adjoints du shérif se retrouvent alors nez à nez avec le sinistre Burrell (Peter Stormare), principal homme de main de Cortez, qui s’affaire à construire un pont mobile près de Summerton Junction afin d’aider le criminel à franchir la ville pour rejoindre la frontière mexicaine. Désormais, seul le shérif et ses adjoints sont en mesure d’empêcher Cortez et ses sbires de franchir la frontière. Face à la menace imminente de l’arrivée du trafiquant de drogue et de ses hommes, le shérif Owens se retrouve seul pour défendre Summerton : il devra réunir un maximum de monde et s’armer lourdement s’il espère sortir vainqueur du combat et sauver sa ville de l’assaut du criminel fou. « The Last Stand », c’est donc le retour d’Arnold Schwarzenegger dans son registre de prédilection : l’action ! Tourné à la manière des actionners des années 80, le long-métrage de Kim Jee-Woon est aussi un formidable hommage aux westerns américains traditionnels, avec un scénario construit sous la forme d’un compte à rebours qui pourrait faire penser à « High Noon » de Fred Zinnemann (1952) et des références évidentes (les décors sauvages de l’Arizona, le duel final entre le shérif et le criminel sur le pont, la fusillade dans la ville, etc.). Niveau esthétique, on retrouve des références à Walter Hill et plus particulièrement à « Last Man Standing » (1996) ou « Extreme Prejudice » (1987), qui s’inspirait lui-même beaucoup des westerns et qui se déroulait aussi dans une petite ville à la frontière du Mexique. Et quand on sait que Kim Jee-Woon avait tourné un western parodique cinq ans auparavant, « Le bon, la brute et le cinglé » (2008), on comprend mieux d’où proviennent les sources d’inspiration du cinéaste coréen sur « The Last Stand » : on retrouve d’ailleurs ici l’humour noir déjanté du réalisateur et son goût évident pour une ultra violence sèche et caricaturale (on notera quelques scènes gores comme la mort de Burrell dans le bus ou l’explosion du sbire, dont les bouts de corps volent dans tous les sens), le film ayant ainsi l’intelligence de ne pas trop se prendre au sérieux. Quand à Schwarzenegger, malgré son âge (65 ans) et après la franchise « Expendables », il continue de s’imposer en héros d’action qui défie les méchants et sauve les bons, en flirtant avec l’auto parodie et la dérision - les gens du bar qui, à la suite d’une fusillade, lui demandent : « comment vous sentez-vous ? », et notre infatigable Schwarzy de répondre : « vieux ! ». Pour mettre en musique « The Last Stand », Kim Jee-Woon fait à nouveau appel à Mowg (de son vrai nom Lee Seong Heon), son compositeur de prédilection avec lequel il participe depuis « I Saw the Devil », précédent film du réalisateur tourné en 2010, et qui avait fait polémique en raison de son extrême violence. Le jeune musicien sud-coréen Mowg débuta sa carrière dans le rock en 2004 avec un premier album solo intitulé « Desire ». Puis très vite, Kim Jee-Woon le remarque et l’engage sur son thriller « I Saw the Devil ». Pour sa deuxième collaboration avec le cinéaste, Mowg écrit pour « The Last Stand » une partition mêlant action/tension, orchestre, rythme électro moderne, humour et touches western, évoquant un style musical hollywoodien contemporain sans jamais vraiment verser dans le pastiche ou la caricature, mais avec quelques clins d’oeil sympathiques aux musiques de western U.S. Mowg en profite aussi pour s’essayer sur « The Last Stand » à la composition purement hollywoodienne, notamment dans les nombreux morceaux d’action qui émaillent l’ensemble de sa partition, à commencer par le tonitruant « Cortez Extraction » pour la fuite audacieuse du redoutable Cortez au début du film. Le compositeur mélange ici orchestre (essentiellement dominé par des cordes staccatos nerveuses), synthétiseurs, loops électro et guitare pour parvenir à ses fins. On regrettera la platitude des orchestrations, qui se limitent bien trop souvent aux cordes et aux cuivres, tandis que la partie électronique prend bien souvent le dessus, comme dans la plupart des musiques synthético-orchestrales d’aujourd’hui, influencées par l’écurie Remote Control d’Hans Zimmer et sa bande. Mowg n’échappe pas à la règle et se voit contraint de respecter les recettes habituelles du genre dans « Cortez Extraction ». Ceci ne l’empêche pas pour autant de se montrer parfois inventif, notamment dans les quelques effets dissonants/avant-gardistes qu’il parvient à glisser dans le jeu des cordes, ou dans l’écriture plus disparate des cuivres. Mowg développe par la même occasion un motif de cordes associé à Cortez, que l’on reconnaît grâce à leur jeu staccato un peu simple mais efficace à l’écran. Dès lors, le ton est donné : Mowg peut alors varier à loisir ses différentes ambiances électroniques/orchestrales comme le confirme « Riding Monster » avec sa guitare électrique trash, ses loops électro et ses cordes survoltées. Dans « The Last Stand », Mowg dévoile le thème associé au shérif et ses adjoints : un thème western qui évoque clairement les références western du film de Kim Jee-Woon, et apporte un relief conséquent à la partition de « The Last Stand » : confié à une guitare électrique et acoustique, ce superbe thème far-west est ici accompagné par quelques percussions et l’orchestre – le morceau parvient aussi à s’imposer par une écriture plus asiatique des parties orchestrales, flagrant dans la sonorité des cordes et des cuivres, un élément plutôt intéressant et original dans un film de Schwarzenegger – Le morceau accompagne la séquence où le shérif et ses acolytes préparent tous ensemble la défense de la ville. Mowg répond ainsi à cette scène par une approche résolument folk/western assez savoureuse et non dénuée d’un certain second degré, à l’image du film lui-même, un très beau thème qui constitue d’ailleurs l’atout clé du score. On retrouve aussi ce jeu des guitares acoustiques/électroniques dans « Weapon of Choice », autre morceau d’action frénétique de la partition de « The Last Stand », pour la fusillade dans les rues de la ville. Ici aussi, Mowg met l’accent sur des cordes staccatos comme dans « Cortez Extraction », avec des cuivres et quelques bois discrets (notamment bassons/clarinette basse), et accompagne le tout de percussions synthétiques, loops et rythmes électro en tout genre. A la violence de la fusillade du film, Mowg répond par une musique nerveuse et intense très réussie à l’écran, bien que sans originalité particulière. « Canyon Shootout » et « The Combat » suivent le même schéma logique, tout comme « High Noon on the Bridge » pour l’affrontement final entre Cortez et le shérif sur le pont. Le motif d’action de Cortez revient dans « Burrell is the Right Hand of Cortez », largement dominé ici par l’électronique et les percussions synthétiques sans grande imagination particulière (on a constamment cette impression que Mowg parcourt l’ensemble des recettes habituelles des musiques d’action hollywoodiennes modernes). Heureusement, le compositeur parvient à insuffler quelques rares moments d’émotion dans sa partition, comme dans le mélancolique et très beau « Jerry Dies and So », où la musique devient plus réservée et introvertie, partagée entre une guitare sèche, un piano et quelques cordes. Mowg signe donc une partition d’action intense et nerveuse mais sans grande originalité particulière pour « The Last Stand ». Le compositeur sud-coréen est obligé de suivre les recettes hollywoodiennes à la lettre, sans grande marge de manoeuvre possible : le résultat est inégal et un peu bancal, car entre un thème western sympathique mais peu développé dans le film (il faut écouter l’allusion à Ennio Morricone à la fin de « Mowg’s Symphony »), un motif d’action nerveux mais peu original et des passages d’action noyé par de l’électronique insipide, « The Last Stand » n’est pas LE grand score d’action que l’on était en droit d’attendre pour le retour de Schwarzy en solo dans un film d’action. Sympa sans plus, donc ! ---Quentin Billard