1-Thor : The Dark World 2.10
2-Lokasenna 2.31
3-Asgard 1.55
4-Battle of Vanaheim 1.39
5-Origins 3.49
6-The Trial of Loki 2.38
7-Into Eternity 3.40
8-Escaping the Realm 3.53
9-A Universe from Nothing 2.20
10-Untouchable 4.08
11-Thor, Son of Odin 1.51
12-Shadows of Loki 2.25
13-Sword and Council 3.46
14-Invasion of Asgard 2.59
15-Betrayal 4.02
16-Journey to Asgard 2.17
17-Uprising 2.35
18-Vortex 2.20
19-An Unlikely Alliance 3.47*
20-Convergence 3.42
21-Beginning of the End 5.20
22-Deliverance 2.21
23-Battle Between Worlds 3.29
24-As the Hammer Falls 2.40
25-Legacy 4.08
26-Marvel Studios Fanfare 0.29

*Contains "Captain America Theme"
composed by Alan Silvestri.

Musique  composée par:

Brian Tyler

Editeur:

Hollywood/Intrada D001911702

Score produit par:
Brian Tyler
Supervision musique:
Dave Jordan
Monteur musique:
Steve Durkee, Kyle Clausen,
Joe Lisanti

Musique additionnelle:
Steve Davis
Arrangements score:
Michael Kramer
Musique additionnelle
et arrangements:
Stuart Michael Thomas
Coordinateur score:
John McMillan
Préparation musique Angleterre:
Jill Streater

Artwork and pictures (c) 2013 Walt Disney Motion Pictures/Marvel Studios. All rights reserved.

Note: ****
THOR : THE DARK WORLD
ORIGINAL MOTION PICTURE SOUNDTRACK
Music composed by Brian Tyler
Depuis « Avengers » sorti en 2012, la saga des super héros de chez Marvel vient d’entamer sa phase 2 avec « Iron Man 3 » de Shane Black sorti en 2013. C’est maintenant au tour d’un autre héros de la bande des Avengers de se voir confier une toute nouvelle aventure avec le film « Thor : the Dark World », réalisé par Alan Taylor (réalisateur américain de séries TV). L’histoire reprend peu de temps après les événements survenus dans « Iron Man 3 », et un an après ceux de New-York dans « Avengers ». Au royaume mythique d’Asgard, Loki (Tom Hiddleston), le frère de Thor (Chris Hemsworth), vient tout juste d’être emprisonné pour une série de crimes de guerre commis contre la Terre. Pendant ce temps, Thor combat aux côtés de Fandral, Volstagg et Sif afin de rétablir la paix dans les neuf royaumes suite à la reconstruction du Bifröst (le pont arc-en-ciel qui relie les différents royaumes, détruit deux ans auparavant dans le premier film). Les habitants d’Asgard apprennent alors que la Convergence, un alignement rarissime des neuf royaumes dans l’espace, est sur le point de se produire. La Convergence entraînera alors des ouvertures aléatoires entre les différents mondes qui risqueraient de déstabiliser l’équilibre des univers. Et comme si cela ne suffisait pas, Asgard doit dorénavant faire face à une nouvelle menace en la personne de Malekith (Christopher Eccleston), un Elfe Noir maléfique qui convoite une précieuse relique surpuissante, l’Aether, capable d’offrir des pouvoirs colossaux à celui qui le possède. Malekith espère ainsi reconstruire le royaume des Elfes Noirs, venger le sacrifice de son peuple suite à sa précédente défaite contre Bor (Tony Curran), le père d’Odin (Anthony Hopkins), et détruire la Terre et les neufs royaumes. Hélas, c’est l’astrophysicienne terrienne Jane Foster (Natalie Portman) qui a découvert par mégarde l’Aether en se télétransportant par erreur dans un autre monde. Jane est maintenant infectée par l’Aether et Malekith le sait. Thor décide alors de ramener Jane sur Asgard et de la protéger contre Malekith, mais ce dernier est prêt à tout pour récupérer la puissante relique et détruire le monde entier. Face à la plus grande menace que le royaume n’ait jamais connu, Thor va devoir envisager une alliance inédite avec Loki, quitte à braver les interdictions de son père Odin et à devenir un hors-la-loi en faisant s’évader Loki pour combattre Malekith et sauver le monde et la Terre.

Ainsi donc, « Thor : the Dark World » promet à nouveau un spectacle épique haut en couleur et en effets spéciaux, comme le premier film de 2011. Production Disney oblige, « Thor 2 » reste largement accès sur l’humour, les scènes d’action tout public et les effets numériques 3D démesurés. Si le film s’avère être très impressionnant durant sa première heure, son humour au ras des pâquerettes finit par désamorcer la plupart des situations dramatiques du second acte, quitte à sombrer dans un registre parodique plutôt vain et mal amené. On ne sait plus s’il faut prendre tout cela au sérieux ou pas ! C’est d’autant plus rageant que « Thor 2 » s’avérait pourtant bien plus sombre et mature que le premier film de Kenneth Branagh, malgré une réalisation impersonnelle qui trahit le manque d’ambition d’Alan Taylor (qui vient de la télévision). Au final, si l’on apprécie le développement des personnages et les liens qui s’approfondissent entre eux (notamment dans la relation entre Thor et Loki), le scénario manque de souffle et ne tient pas complètement ses promesses, la faute à un humour d’ado mal placé et extrêmement mal géré. Restent malgré tout quelques bonnes scènes comme la bataille finale, l’attaque du palais royal et la mort de la reine (quel plaisir de retrouver l’actrice Rene Russo, disparue de nos écrans depuis la fin des années 90 !), sans oublier quelques clins d’oeil et allusions diverses à la saga fédératrice des « Avengers » (notamment lors d’une brève apparition surprise et humoristique de Captain America), sans oublier, cerise sur le gâteau, une double séquence post-générique censée faire un lien vers une autre production Marvel à venir, « Guardians of the Galaxy » (notamment avec le personnage du collectionneur interprété par Benicio Del Toro), qui sortira sur nos écrans courant août 2014.

La production du film n’a guère était évidente, surtout lorsqu’on sait qu’une partie du scénario a été réécrit à la dernière minute par Joss Whedon lui-même appelé à la rescousse par Alan Taylor pour l’aider à tourner de nouvelles scènes avec le personnage de Loki, ou à améliorer le contenu d’autres séquences-clé du film. Quand à la musique, elle n’a pas échappé elle aussi à cette succession de problèmes, puisque le score devait être prévu à l’origine pour Carter Burwell, qu’Alan Taylor souhaitait avoir sur son film, essuyant malheureusement un refus du producteur Kevin Feige qui souhaitait plutôt engager Brian Tyler sur « Thor : The Dark World ». Et c’est ainsi que Tyler se retrouve à écrire une nouvelle fois la musique d’une production Marvel après « Iron Man 3 » en 2013, le compositeur succédant ainsi à Patrick Doyle sur la musique du premier « Thor » de 2011. Pour Brian Tyler, l’objectif de « Thor 2 » est simple : plus épique, plus spectaculaire, plus sombre, plus emportée, plus de tout. Exit la subtilité, place à la surenchère hollywoodienne : avec une double formation symphonique composé d’une centaine de musiciens, réunissant le Philharmonia Orchestra of London et le London Philharmonic Orchestra, une chorale, une pléiade de synthétiseurs, de percussions acoustiques/électroniques et les vocalises d’Azam Ali, Brian Tyler savait qu’il faudrait mettre les bouchées doubles sur « Thor 2 », encore plus que sur « Iron Man 3 ». Cette orientation épique et spectaculaire de la musique se confirme d’emblée avec le nouveau thème composé pour Thor, dévoilé rapidement dans « Thor : the Dark World ». Le thème se distingue par sa mélodique héroïque et ses harmonies certes usées jusqu’à la moelle et pas originales pour un sou, mais incroyablement prenantes et efficaces dans le film. Le thème héroïque de Thor est confié ici à des cuivres massifs, des choeurs guerriers et des percussions entraînantes. A noter que l’emploi de la chorale a parfois été comparé aux travaux d’Howard Shore sur la saga « Lord of the Rings », qui semble avoir effectivement quelque peu influencé Brian Tyler sur « Thor : The Dark World ». C’est le cas notamment dans la scène de bataille du début du film dans « Battle of Vanaheim », où l’on retrouve le style action épique cher au compositeur de « Expendables » et « Children of Dune » et des similitudes avec « Lord of the Rings » (durant l’envolée chorale grandiose à partir de 0:51).

A vrai dire, on retrouve par moment ici des réminiscences de partitions épiques plus anciennes de Tyler telles que « Timeline » ou « Children of Dune », comme dans « Lokasenna », où Tyler reprend le thème sous un angle plus intime et mélancolique, porté par les vocalises éthérées d’Azam Ali, morceau qui semble sortir tout droit du score de « Children of Dune ». On appréciera ici la façon dont Brian Tyler n’oublie jamais l’émotion malgré le ton épique, massif et spectaculaire du film et de sa musique. Certes, il y a les traditionnelles scènes de bataille comme « Battle of Vanaheim », « Escaping the Realm », « Battle Between Worlds » ou « Invasion of Asgard », qui ont en commun un flot continu de percussions diverses, des orchestrations massives faisant la part belle aux cordes et aux cuivres et des rythmes déchaînés et survoltés (comme toujours chez Tyler, les bois sont relégués au second plan, ce qui est dommage car on a parfois l’impression que le compositeur ne sait pas comment s’en servir ou comment les faire sonner correctement dans un orchestre). Un morceau comme « Escaping the Realm » traduit clairement le meilleur des mondes, car entre le symphonisme forcené de « Timeline », et les percussions/rythmes Remote Control plus proches de « War », « Eagle Eye » ou « Expendables », Tyler parvient à condenser ses influences pour dominer son écriture orchestrale/chorale avec un sens du spectacle et du rythme qui lui est propre. Si « Iron Man 3 » avait déjà réussi à convaincre dans ce sens, « Thor : The Dark World » vient confirmer ce que l’on avait déjà deviné : Brian Tyler est véritablement dans son élément lorsqu’il s’agit d’illustrer les aventures des héros de chez Marvel ! Impossible de résister aux envolées héroïques de « Escaping the Realm », aux rythmes trépidants du sombre « Invasion of Asgard » et sa guitare électrique inattendue, aux ostinati de cordes guerriers de « Uprising », ou même à une citation surprise du thème de « Captain America » d’Alan Silvestri dans « An Unlikely Alliance » (à 2:59), le temps d’une scène humoristique où Loki prend l’apparence du premier Avenger en compagnie de son frère Thor – c’est d’ailleurs l’occasion pour Brian Tyler de se souvenir enfin qu’il y a aussi des bois dans un orchestre symphonique !

Niveau thématique, hormis le thème de Thor, décliné lors de la plupart des nombreuses musiques d’action du film et du score, le score de Tyler propose aussi un second thème de qualité pour Loki, thème plus sombre et vaguement mélancolique parfois confié à un mélange de vibraphone et harpe, et que l’on découvre pour la première fois dans « The Trial of Loki » dès 0:14. Le thème est développé ici de façon intéressante par les contrebasses/violoncelles dans un registre plus grave et sournois, traduisant la rancoeur et la haine de Loki, mais aussi le drame de son sort, rejeté par ses proches, livré à la justice de son royaume. Plus que dans « Thor » ou « Captain America », dans lesquels les scènes avec Loki étaient illustrées de façon trop timide par Patrick Doyle et Alan Silvestri, Brian Tyler a su magnifiquement personnifier le personnage de Tom Hiddleston dans sa musique sans jamais en faire de trop : son approche sournoise et retenue du thème de Loki renforcent l’intérêt voué à ce personnage-clé dans le film, encore plus que pour le thème rentre-dedans de Thor, qu’on nous balance à toutes les sauces dans le film. Autre élément d’intérêt : les reprises lentes et mélancoliques du thème principal avec les vocalises dans « Lokasenna » ou « Into Eternity », un thème protéiforme capable de s’adapter aux différentes situations du film avec une aisance remarquable (bien que très prévisible et basé sur une série d’accords entendus des milliers de fois auparavant !). A ce sujet, la cérémonie funèbre de la reine dans « Into Eternity » est de loin le plus beau passage du score et du film, avec une utilisation des vocalises éthérées/orientales, des cordes mélancoliques et d’un cymbalum, et la reprise de ces fameux quatre accords que tout le monde utilise à Hollywood depuis des décennies dans les musiques épiques/solennelles. Enfin, le score propose un troisième thème, celui d’Asgard, entendu dans « Asgard » et repris aussi dans « Into Eternity » (à 2:11). A noter que le thème héroïque de Thor est parfois précédé d’une phrase mélodique ascendante de cinq notes triomphantes aux cuivres et aux choeurs, entendues dans « Thor : The Dark World » à 0:15, à 1:00 dans « Battle of Vanaheim » ou à 2:40 dans « Legacy », et qui sert en général d’introduction au leitmotiv héroïque de Thor.


Dommage cependant que Malekith n’ait pas d’identité musicale propre, hormis quelques sonorités dissonantes et lugubres pour ses apparitions dans le film (mais pas de motif clairement identifiable !). Hormis cela, la partition de « Thor : The Dark World » s’écoute donc aussi bien dans le film que sur l’album, où l’on découvre une musique incroyablement puissante, épique et spectaculaire, mais jamais dénuée d’émotion ni de thème. Avec une thématique généreuse (et rare pour un film de super héros de 2013 !) et un rythme quasi constant, le score de Brian Tyler fait dans la démesure et la surenchère au grand bonheur des fans de l’univers des super héros Marvel et des aficionados du compositeur. Certes, ne vous attendez à aucune originalité ni même prise de risque ici, Brian Tyler reste en terrain connu et nous le fait clairement savoir dès le début. Mais qu’importe, car le résultat est là : peu subtile, peu originale mais généreuse et spectaculaire, la musique de « Thor : The Dark World » s’apprécie avant tout pour la qualité de ses thèmes, pour ses envolées héroïques/guerrières impressionnantes et ses orchestrations colossales à mi-chemin entre « Children of Dune » et les sagas « Lord of the Rings »/ « The Hobbit ». Après la réussite de « Iron Man 3 », Brian Tyler confirme donc qu’il est LE nouveau compositeur de la franchise Marvel à suivre. Il y a d’ailleurs fort à parier que les producteurs continueront de lui confier les musiques d’autres films de la phase 2, et pourquoi pas celle du très attendu « The Avengers : Age of Ultron » prévu en 2015 !




---Quentin Billard