1-Take Orders 5.23
2-She Asked For You 2.30
3-Natalia 3.51
4-Code 42 3.58
5-Natalia Dies 0.57
6-It Was Devereaux 1.56
7-Run From Mason 6.52
8-Who Done It 1.33
9-Mason Scores 1.27
10-Leg Cut 4.15
11-Mason Finds Lucy 1.53
12-Mira Mira On The Wall 9.26
13-Confession 4.57
14-Mason Jarred 0.59
15-November Man 2.27
16-Mason Saves Lucy 2.12
17-Reunited 4.51
18-End Credits 2.04

Musique  composée par:

Marco Beltrami

Editeur:

Varèse Sarabande VSD-7295

Score produit par:
Buck Sanders
Producteur exécutif:
Robert Townson
Score mixé par:
Tyson Lozensky, at Pianella Studios
Musique additionnelle:
Dennis Smith, Marcus Trumpp,
Wlad Marhulets, Xiaotian Shi

Services musicaux:
Cutting Edge
Supervision musique:
Aminé Ramer
Producteurs associés:
James Gibb, Charles M. Barsamian
Mastering de:
Erick Labson

Artwork and pictures (c) 2014 Relativity Media. All rights reserved.

Note: ***
THE NOVEMBER MAN
ORIGINAL MOTION PICTURE SOUNDTRACK
Music composed by Marco Beltrami
« The November Man » marque les retrouvailles entre le réalisateur vétéran Roger Donaldson et l’acteur Pierce « 007 » Brosnan, 17 ans après « Dante’s Peak » (1997). Le film raconte l’histoire de Peter Devereaux (Brosnan), un ancien agent de la CIA qui a pris sa retraite en 2008 suite à l’échec d’une mission impliquant la protection de l’ambassadeur américain au Montenegro. La mission échoua parce que son jeune protégé, David Mason (Luke Bracey), avait désobéit à l’ordre direct de son supérieur, provoquant la mort accidentelle d’un enfant tué par erreur dans la foule. Quelques années plus tard, en 2014, John Hanley (Bill Smitrovich), l’ancien chef de Devereaux, le retrouve en Suisse et lui propose une nouvelle mission : aider un agent de la CIA qui opère sous couverture à quitter discrètement la Russie. Devereaux connaît parfaitement l’agent en question puisqu’il s’agit de sa fiancée Natalia Ulanova (Mediha Musliovic). Cette dernière travaille depuis un certain temps à Moscou en tant qu’assistante personnelle du candidat aux élections présidentielles russes, le général Arkady Fedorov (Lazar Ristovski), qui est soupçonné de crimes de guerre. Natalia possède un nom qui pourrait tout changer, mais sa vie est désormais en danger, car une tueuse à gage russe, Alexa (Amila Terzimehic), a été engagée par Fedorov pour éliminer tous ses anciens employés qui connaîtraient la vérité au sujet de ses agissements en tant que criminel de guerre. Découvrant que Fedorov a finalement compris que Natalia était une espionne, la CIA décide d’éliminer Ulanova, alors qu’au même moment, Devereaux arrive pour tenter de sauver sa fiancée. Le chef de la CIA Perry Weinstein (Will Patton) ordonne alors à Hanley que Natalia soit éliminée avant qu’elle ne se fasse attraper par les russes. Devereaux échappe de justesse au tir mais Natalia meurt d’une balle dans la tête, juste après avoir remis son téléphone portable à Devereaux, qui contient de précieux renseignements qui pourraient changer la donne. Natalia possédait des informations au sujet d’une certaine Mira Filipova, une jeune fille russe qui aurait survécu aux crimes de guerre de Fedorov et serait apte à témoigner contre lui. Désireux de venger la mort de Natalia, Devereaux n’a plus qu’une idée en tête : se retourner contre ses anciens employeurs, et retrouver la trace de la mystérieuse Mira Filipova. Pour se faire, il se rend à Belgrade afin de prendre contact avec Alice Fournier (Olga Kurylenko), qui aurait recueilli et soigné Mira pendant un certain temps, mais la tueuse Alexa arrive au même moment, tout comme Mason et les agents de la CIA. Devereaux va avoir fort à faire pour tenter de sauver son rival et ancien protégé Mason et sauver Alice afin de retrouver ensemble la trace de Mira et de démasquer une importante conspiration impliquait Fedorov et un haut fonctionnaire de la CIA.

« The November Man » possède donc tous les ingrédients du film d’espionnage à l’ancienne, avec son lot de courses poursuites, de manipulations, de trahisons et de faux semblants. Pour Pierce Brosnan, c’est l’occasion rêvée de revenir sur le devant de la scène à 61 ans passées, l’acteur étant dans une forme athlétique, avec un rôle qui lui sied comme un gant, et qui rappelle très clairement celui de James Bond. A ses côtés, la très séduisante Olga Kurylenko ajoute une nouvelle connexion à la saga 007 (elle jouait aux côtés de Daniel Craig dans « Quantum of Solace »), dans un énième rôle de James Bond-girl, tandis que le casting s’accompagne de quelques personnages secondaires solides et d’une intrigue saupoudrée de rebondissements, de manipulations et d’un zest de géopolitique – Le film s’intéresse cette fois-ci à la politique russe et à l’Europe de l’est - Bien loin de vouloir pasticher James Bond, le film de Donaldson prend son envol de lui-même et s’inscrit plutôt dans la continuité directe des « Jason Bourne », avec son lot de scènes d’action fracassantes, de fusillades explosives, de courses poursuites effrénées et de combats violents (enfin un film d’action de 2014 qui montre du sang, histoire d’oublier la déconvenue du lamentable PG-13 de « Expendables 3 » !). Le vétéran Roger Donaldson, auteur de grosses productions des années 1990/2000, n’a pas perdu la main et filme l’action avec une technicité solide, évitant de secouer la caméra dans tous les sens durant les scènes d’action, parfaitement lisibles et maîtrisées (fait rare pour un actionner des années 2000 post-Bourne !). Certes, « The November Man » n’apporte rien de nouveau et rappelle la plupart des films d’espionnage/action de ces 15/20 dernières années, mais le scénario est suffisamment malin et le rythme bien entretenu pour nous maintenir en haleine jusqu’au dénouement final. Les recettes paraissent usées, certes, mais le film fonctionne parfaitement et s’affirme comme un solide divertissement d’action/espionnage dans lequel Pierce Brosnan fait un come-back musclé très réussi !

La musique de « The November Man » a été confiée à Marco Beltrami, qui collabore pour la toute première fois à un film de Roger Donaldson. Le compositeur livre une partition orchestrale nerveuse et rythmée pour le film, dans un style action-orchestral qui rappelle clairement ses travaux sur « Live Free or Die Hard » et « A Good Day to Die Hard ». Hélas, comme beaucoup de compositeurs hollywoodiens actuels, Marco Beltrami s’est vu contraint de suivre des schémas musicaux prédéfinis sur « The November Man », le film étant calqué sur l’univers de la saga « Jason Bourne ». C’est pourquoi Beltrami se retrouve à imiter régulièrement le style musical de John Powell sur la franchise « Bourne » en mélangeant orchestre et rythmes électro/techno pour parvenir à ses fins. Néanmoins, si le compositeur n’échappe pas aux temp-tracks habituels, son travail sur le film ne démérite pas pour autant et reste assez fidèle au style action habituel de Beltrami. Le score débute avec le thème principal associé à Devereaux dans le film : ce motif de 5 notes est entendu dès « Take Orders » avec un ensemble de cordes, une basse, un piano, une guitare ethnique un cymbalum évoquant l’Europe de l’est et quelques éléments électroniques atmosphériques. Ce thème, mystérieux et intrigant au premier abord, évoque clairement par la suite la détermination de Devereaux à venger la mort de Natalia et affronter ses anciens supérieurs hiérarchiques qui l’ont trahi. Dans « She Asked For You », Beltrami met l’accent sur les synthétiseurs et le sound design de façon parfaitement prévisible et totalement impersonnelle. Rien de bien palpitant, surtout de la part d’un compositeur au style souvent aisément reconnaissable, et assez peu familier des musiques d’action à la Remote Control/John Powell ! Il faut tout de même mentionner qu’une bonne partie du score a été écrit par quatre compositeurs additionnels, incluant Dennis Smith, Marcus Trumpp (fidèle complice de Beltrami), Wlad Marhulets et Xiaotian Shi, ce qui pourrait probablement expliquer le caractère assez impersonnel et banal de cette composition écrite à plusieurs.

Dans « Natalia », l’action débute enfin avec un premier morceau d’action trépidant sur fond de percussions à la Powell, de cordes nerveuses, de loops électro tendus et de guitare ethnique. A 2:43, Marco Beltrami introduit ici un deuxième motif important, un motif de 5 notes descendantes de cymbalum, associées dans le film à la dangereuse tueuse à gage russe Alexa, motif utilisant une métrique à 7 temps typique du compositeur. L’action s’intensifie dans « Code 42 » où Beltrami démontre son talent pour les déchaînements orchestraux complexes sur fond de rythmes électros et d’instrumentation ethnique appropriée – notamment dans l’emploi du cymbalum – La tension monte d’un cran dans les dramatiques « Natalia Dies » et « It Was Devereaux », qui débouchent sur les 6 minutes ahurissantes de la poursuite dans les rues de Moscou : « Run from Mason ». Beltrami nous offre ici un de ses meilleurs morceaux d’action, utilisant brillamment plusieurs percussions diverses (shakers, percussions ethniques, baguettes de batterie, cymbalum) pour rythmer cette scène tendue. La musique offre des moments plus apaisés comme le romantique « Mason Scores » qui utilise brillamment les guitares, les cordes et le cymbalum pour l’un des rares moments d’intimité de la partition alors que Mason couche avec sa voisine (au détour d’une scène de sexe plutôt inutile niveau scénario !). La tension reste permanente dans le sombre « Leg Cut » et ses quelques passages dissonants pour une scène où Devereaux défie Mason, tandis que le thème principal est repris dans « Mason Finds Lucy ». Le milieu du film contient de longs moments de suspense atmosphériques peu intéressants, comme c’est le cas dans les 9 minutes interminables de « Mira Mira on the Wall », adaptés aux images mais plus décevantes en écoute isolée sur l’album. « Confession » met les bouchées doubles et ramène l’action sur le devant de la scène comme l’excitant « Mason Jarred » et ses rythmes à 7 temps typiques du compositeur, qui rappellent des scores d’action tels que « A Good Day to Die Hard », « I Robot » ou « Hellboy ».

« Mason Saves Lucy » intensifie le tempo pour un nouveau morceau d’action nerveux et agressif où les principaux éléments du score se mélangent : orchestre tendu, piano martelé dans le grave, rythmes électroniques modernes, percussions brutales et cymbalum. Dans le même ordre d’idée, « Reunited » conclut l’histoire de façon efficace, avec le retour du thème principal et un final plus apaisé et optimiste, sans oublier le « End Credits » qui développe le Main Theme pour le générique de fin du film. On ressort donc assez mitigé de l’écoute de « The November Man », un score d’action/suspense somme toute assez fonctionnelle et bien en dessous des possibilités de Marco Beltrami. Le compositeur se voit contraint ici de copier à son tour le style action de chez Remote Control/Hans Zimmer très à la mode et omniprésent à Hollywood depuis bien trop longtemps. Malgré quelques bonnes idées mélodiques et des passages d’action assez réussis, le score de « The November Man » reste assez alimentaire et peu intéressant en écoute isolée sur l’album. La musique apporte un rythme et une tension intense au film de Roger Donaldson, personnifiant la détermination et la force de Devereaux face à ses agresseurs mais aussi l’obstination de la tueuse à gage russe qui a droit à son propre motif tout au long du score. Les fans de Beltrami risquent d’être un peu déçus par le caractère finalement quelconque et impersonnel de la musique de « The November Man », tandis que ceux qui apprécient les musiques d’action modernes façon « Jason Bourne » devraient s’intéresser au nouvel opus musical de Marco Beltrami, même si, au final, il y a fort à parier que les avis seront très partagés, « The November Man » étant certainement le score le moins intéressant que Beltrami ait écrit au cours de l’année 2014 !



---Quentin Billard