1-Main Titles/Fantastic Beasts and
Where To Find Them 2.54
2-There Are Witches Among Us/
The Bank/The Niffler 6.53
3-Tina Takes Newt In/
Macusa Headquarters 1.56
4-Pie or Strudel/Escaping
Queenie and Tina's Place 3.05
5-Credence Hands Out Leaflets 2.03
6-Inside The Case 9.08
7-The Erumpent 3.28
8-In The Cells 2.10
9-Tina and Newt Trial/Let's Get
The Good Stuff Out/You're One
of Us Now/Swooping Evil 7.59
10-Gnarlak Negotiations 2.57
11-The Demiguise and the Occamy 4.06
12-A Close Friend 1.51
13-The Obscurus/Rooftop Chase 3.48
14-He's Listening to You Tina 2.05
15-Relieve Him of His Wand/
Newt Releases the Thunderbird/
Jacob's Farewell 12.33
16-Newt Says Goodbye to Tina/
Jacob's Bakery 3.26
17-End Titles/Fantastic Beasts and
Where to Find Them 2.21

Musique  composée par:

James Newton Howard

Editeur:

Sony Classical 88985389312

Album produit par:
James Newton Howard
Orchestrations:
Pete Anthony, Jeff Atmajian,
Peter Boyer, Chris Egan,
Philip Klein, Jon Kull,
John Ashton Thomas

Montage musique:
Jim Weidman, Cecile Tournesac,
Allan Jenkins, David Olson

Programmation synthé:
Jon Aschalew, Clay Duncan
Préparation musique:
Daniel A. Brown, Jina B. Choi,
Luke Flynn, Mariko Horikawa,
Annie Rosevear, Steven O. Scott,
Joe Zimmerman

Mixage score:
Shawn Murphy, Peter Cobbin
Supervision musique:
Karen Elliott
Coordination score:
Pamela Sollie
Direction de la musique:
Paul Broucek, Jason Linn,
Nicki Sherrod

Music business affairs:
Lisa Margolis
Producteur exécutif:
David Yates

Artwork and pictures (c) 2016 Warner Bros. All rights reserved.

Note: ****
FANTASTIC BEASTS AND
WHERE TO FIND THEM
ORIGINAL MOTION PICTURE SOUNDTRACK
Music composed by James Newton Howard
Annoncé depuis quelques années, « Fantastic Beasts and Where To Find Them » (Les Animaux Fantastiques) est le spin-off de la saga « Harry Potter ». L’histoire du film se déroule 50 ans avant l’univers du célèbre sorcier, en 1926. Alors que le monde vit sous l’emprise du mage noir Gellert Grindelwald, qui semble avoir mystérieusement disparu il y a près de deux ans, la ville de New York est le théâtre d’événements surprenants et fort étranges. Le directeur du département de la Justice magique du MACUSA (Magical Congress of the USA), Percival Graves (Colin Farrell), décide d’enquêter sur ces événements très particuliers. C’est alors que Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne) arrive à New York. Le magicozoologiste britannique débarque dans la ville avec sa mystérieuse valise et laisse s’échapper par mégarde une des créatures qu’il transporte avec lui. Alors qu’il traque un niffleur dans une banque new-yorkaise, Norbert est surpris par Jacob Kowalski (Dan Fogler), un Non-Maj’ (terme utilisé par les américains pour désigner les Moldus), avec lequel il échange par erreur sa fameuse valise contenant toute une panoplie de créatures magiques fort mystérieuses. Lorsque Jacob ouvre la valise de Norbert, plusieurs créatures réussissent à s’échapper dans la ville. Norbert retrouve ensuite Jacob, puis les deux hommes sont hébergés chez l’ancienne Auror Tina Goldstein (Katherine Waterston) et sa soeur Queenie (Alison Sudol), une belle legilimens qui ne laisse pas Jacob indifférent. Mais alors que les deux hommes réussissent à mettre la main sur l’une des créatures magiques, Tina intervient et piège les deux sorciers qu’elle conduit ensuite au MACUSA. La détention d’animaux d’élevage étant interdite sur le sol américain, Tina, Jacob et Norbert sont enfermés. Pendant ce temps, Percival Graves rencontre Croyance (Ezra Miller), un jeune orphelin adopté par Mary-Lou Bellebosse (Samantha Morton), fondatrice du groupuscule extrémiste des Fidèles de Salem, qui cherche à traquer les sorciers et les sorcières par tous les moyens possibles. Graves persuade alors le jeune Croyance de retrouver un mystérieux enfant sorcier qui vivrait quelque part en ville et pourrait avoir un lien avec les terribles événements qui secouent New York depuis quelques temps. De retour au MACUSA, Graves interroge Norbert et découvre un obscurus dans sa valise, une entité magique parasite née du refoulement par un sorcier de ses pouvoirs magiques, qui semble avoir commis pas mal de ravages en ville. Condamné à mort avec Tina, Norbert réussit à s’échapper grâce à l’intervention héroïque de Queenie et Jacob. Désormais, il doit faire vite afin de récupérer toutes les créatures magiques de sa valise et empêcher le mystérieux obscurus qui sévit à New York de commettre davantage de dégâts.

A nouveau confié au britannique David Yates, réalisateur des quatre derniers films de la saga « Harry Potter », « Fantastic Beasts » est une plongée agréable dans l’univers imaginaire conçu par J.K. Rowling, sur un scénario original de la créatrice des livres, qui vient de publier sous la forme d’un roman une pièce de théâtre en quatre actes co-écrite avec Jack Thorne et John Tiffany, « Harry Potter and the Cursed Child ». Le nouveau film de David Yates n’est donc pas une suite officielle mais plutôt une prolongation de l’univers magique d’Harry Potter (un spin-off en quelque sorte), mettant en scène des personnages brièvement suggérés dans les romans – Grindelwald et Norbert Dragonneau sont mentionnés dans certains livres, et il y a aussi une allusion à Albus Dumbledore et l’école de Poudlard – Avec un nouveau scénario écrit par J.K. Rowling, « Fantastic Beasts » se pare d’un budget colossal de 180 millions de dollars et nous propose une toute nouvelle aventure centrée sur le personnage de Norbert Dragonneau, en déplaçant cette fois-ci l’histoire sur le sol américain, dans le New York des années 20. Visuellement très impressionnant, le film de Yates a malheureusement bien du mal à retrouver l’éclat et le brio de la franchise « Harry Potter » : il lui manque une certaine profondeur, une certaine densité dramatique (la psychologie semble être absente ici !), et même si les nombreuses idées visuelles viennent éblouir quelques séquences assez farfelues – les scènes avec les animaux magiques – le scénario concocté par Rowling pêche par son manque d’ambition, par son absence apparente de complexité. Néanmoins, il faut tempérer ce propos en rappelant qu’il s’agit là du premier opus d’une nouvelle saga de 5 films, qui raconteront donc l’histoire de ces sorciers qui vécurent 50 ans avant la naissance d’Harry Potter. On se doute donc que ce premier film ne fait que poser gentiment les bases et que la saga nous réserve encore bien des surprises ! Mais il serait fort regrettable de ne voir en « Fantastic Beasts » qu’un simple divertissement familial extravagant et coloré, car le scénario a la bonne idée de se parer d’un sous-texte politique et social assez provocateur : on y découvre la montée des extrémismes dans le monde des sorciers, en plein coeur de l’Amérique d’entre deux-guerres. Les buildings grandissants, l’industrialisation et l’expansion commerciale de la ville de New York dans les années 20 cachent en réalité une terrible guerre des ombres, où il est question d’intolérance, de rejet de l’autre et de lutte idéologique forcenée dans le monde des sorciers et des hommes. Il y a d’un côté ceux qui pensent que l’existence des sorciers doit être révélée auprès des Non-Maj’, considérés comme des êtres inférieurs – théorie défendue par le terrifiant Grindelwald – et de l’autre côté, ceux qui considèrent que la sorcellerie est née de Satan et qu’elle doit être combattue coûte que coûte – Mary-Lou Bellebosse et ses Fidèles de Salem –

Et c’est dans ce contexte de tension politico-sociale que le voyageur Norbert Dragonneau débarque sur le sol américain et se retrouve mêlé bien malgré lui à un conflit inévitable où une révolution est sur le point d’éclater à tout moment. Eddie Redmayne campe avec brio le jeune Dragonneau, mal à l’aise en société et obsédé par ses animaux fantastiques qu’il traque sans relâche – d’où quelques scènes très réussies bien qu’assez visuelles et n’apportant pas grand chose au scénario – entouré de quelques seconds rôles solides, incluant un Colin Farrell inquiétant et torturé, qui recèle de bien sombres secrets. Evidemment, le personnage majeur de la saga semble être Gellert Grindelwald, ce fameux mage noire qui terrorisa l’Europe au début du XXe siècle et dont on entend constamment parler tout au long du film, constituant une sorte de menace invisible terrifiante – on se souvient que le personnage était mentionné dans les romans comme l’ancien allié/compagnon de Dumbledore, qui sombra par la suite dans la magie noire, puis se fera tuer par Voldemort en 1998, qui convoite alors sa précieuse baguette de Sureau – Ainsi donc, le film pose les bases d’un conflit que l’on devine épique et immense, mais nous laisse quelque peu sur notre faim : hésitant constamment entre le spectacle magique familial et le drame, « Fantastic Beasts » manque de complexité et de psychologie. Tout semble trop carré, trop évident, trop simple pour pouvoir prétendre « succéder » à un pavé comme Harry Potter (ce qui est officiellement le cas puisque le film commence même sur un rappel du célèbre thème musical de John Williams), et ce ne sont pas les quelques touches d’humour visant un public plus jeune qui viendront prétendre le contraire. Etonnamment, ces quelques touches d’humour cohabitent avec des séquences très sombres – celles qui montrent les méfaits de l’obscurus ou les Fidèles de Salem – si bien que là aussi, le film a encore du mal à trouver sa propre identité, son propre équilibre scénaristique. On espère que les prochains épisodes sauront clarifier certains points et apporter davantage de justesse à un scénario bancal et une réalisation soignée mais quelque peu passe-partout.

La partition musicale de « Fantastic Beasts » a été confiée à James Newton Howard, qui semble décidément très prolixe ces dernières années. JNH était le choix idéal sur le film de David Yates, puisque le compositeur est un vétéran dans le domaine des musiques d’aventure et des films fantastiques. On se souvient notamment de ses travaux sur des films comme « King Kong », « Peter Pan », « Maleficent », « The Last Airbender » ou bien encore « Snow White and the Huntsman ». C’est l’occasion pour JNH de succéder ici à John Williams, Patrick Doyle, Nicholas Hooper et Alexandre Desplat et d’entrée à son tour dans le ‘Potterverse’. Enregistrée avec une grande formation symphonique incluant une chorale et quelques solistes, la partition de « Fantastic Beasts » débute sur un rappel inévitable au célèbre thème d’Harry Potter de John Williams au tout début du « Main Titles » avant de céder très vite la place aux nouvelles idées thématiques de JNH. A la première écoute, on est frappé ici par l’ampleur et la richesse de la thématique de « Fantastic Beasts » : JNH voit grand et compose une multitude de thèmes et de motifs secondaires pour le film, à la manière de John Williams sur les premiers films de la saga « Harry Potter ». Le « Main Titles/Fantastic Beasts and Where to Find Them » débute sur un lot de percussions guerrières et de cordes dramatiques pour l’introduction évoquant les méfaits de Gellert Grindelwald en Europe au début du XXe siècle. Puis, très vite, la musique devient plus majestueuse et légère avec l’introduction d’un ostinato de cordes joyeux à 1:46 associé à Norbert Dragonneau dans le film. A 2:28, JNH dévoile le second thème du score, un superbe thème héroïque, noble et majestueux évoquant les Etats-Unis et aussi l’Oiseau tonnerre que Norbert a baptisé Frank. Dans « There Are Witches Among Us/The Bank/The Niffler », JNH dévoile le troisième du score associé au monde des sorciers américains, thème mystérieux et élégant dominé par une chorale d’enfants sur fond de célesta cristallin, de cordes et de harpe (à 0:57) dans un style qui rappelle clairement John Williams. « The Bank/The Niffler » évoque la scène où Norbert poursuit le niffleur dans la banque au début du film, croisant alors Kowalski durant son périple. JNH en profite pour nous offrir ici une série de mickey-mousing à l’aide de bois, de pizzicati et de percussions sautillantes (incluant quelques éléments électroniques) - à noter l’allusion au célèbre thème d’Harry Potter au célesta à 5:14 –

Le thème des sorciers est repris à 0:57 dans « Tina Takes Newt In/MACUSA Headquarters » pour la scène où Norbert et Kowalski sont arrêtés par Tina et emmenés aux quartiers généraux du MACUSA. Le compositeur nous offre ici un premier passage aventureux dominé par son écriture orchestrale très caractéristique – cordes bondissantes, accords majestueux, etc. – le morceau se termine par ailleurs sur un bref passage swing/jazzy évoquant le New-York des années 20, élément récurrent dans la partition de « Fantastic Beasts » : il s’agit en fait du motif associé à Jacob Kowalski dans le film. Le thème des sorciers est ensuite repris par un célesta sautillant et léger au début de « Pie or Strudel/Escaping Queenie and Tina’s Place », JNH développant ici des orchestrations plus fluides et bondissantes incluant quelques solistes (basson, flûte, clarinette). Plus intéressant, « Credence Hands Out Leaflets » dévoile les premiers éléments sombres de la partition avec quelques sonorités électroniques atmosphériques et une pulsation synthétique étrange. Le morceau est associé au groupuscule des Fidèles de Salem dans le film et évoque Mary-Lou Bellebosse et l’orphelin Croyance. Les nappes synthétiques obscures du morceau illustrent quand à elle l’idée de l’Obscurus, qui deviendra plus présent dans la seconde partie du film. « Inside the Case » accompagne la séquence où Norbert et Kowalski s’échappent en passant à travers la mallette magique. On retrouve ici le thème de cordes joyeuses de Norbert (à 0:27) et le thème héroïque de l’oiseau tonnerre (à 1:23) pour la séquence où Norbert présente ses créatures fantastiques à Kowalski. JNH illustre l’idée de la magie et du féerique avec des orchestrations très riches et colorées, privilégiant les mélodies et les harmonies optimistes avec un savoir-faire évident. On retrouve ici le ton aventureux et bondissant de partitions telles que « Waterworld », « Peter Pan » ou « Dinosaur ». Les éléments synthétiques sombres associés à l’Obscurus reviennent alors vers 6:38, comme pour rappeler l’idée d’un danger imminent qui pèse sur le monde des sorciers et des non-maj. JNH dévoile à 6:48 le motif de cordes associé à l’Obscurus, constitué d’une série de notes mystérieuses ascendantes et menaçantes.

Avec « The Erumpent », JNH nous fait découvrir le premier grand morceau d’action du score, pour la poursuite des animaux magiques dans le zoo de Central Park. Débutant de manière légère dans un registre comédie (incluant une utilisation amusante du banjo), le morceau prend très vite une tournure plus belliqueuse et massive pour la poursuite de l’Erumpent dans le zoo. Après une valse majestueuse de toute beauté, la musique nous permet de retrouver l’écriture cuivrée/rythmique typique de JNH, dans un style proche de « King Kong ». On change ensuite d’ambiance dans « In The Cells » alors que Norbert, Kowalski et Tina sont arrêtés et jetés dans les prisons du MACUSA. On retrouve ici des allusions au motif de l’Obscurus dans un ostinato mystérieux de cordes (vers 0:46) sur fond d’harmonies médiévales sombres et étranges. « Tina and Newt Trial/Let’s Get the Good Stuff Out/You’re One Of Us Now/Swooping Evil » évolue habilement de la noirceur vers la lumière pour la séquence où Jacob et Queenie aident Tina et Norbert à s’échapper du MACUSA et de l’emprise de Percival Graves. Le passage qui débute à la quatrième minute est assez saisissant : on y retrouve l’écriture action virtuose et complexe de James Newton Howard, héritée de « Waterworld », « The Postman » et « The Last Airbender », avec l’emploi de cordes déchaînées et de choeurs grandioses. A 5:47, on découvre un autre thème du score, le superbe thème héroïque de Norbert Dragonneau, l’un des moments forts de la partition de « Fantastic Beasts ». Le thème héroïque de Norbert accompagne de manière triomphante les scènes du film où Norbert parvient à s’imposer par son héroïsme et son habileté à se sortir des pires situations, pour ce qui reste l’un des thèmes les plus réussis du score de JNH. Après quelques touches jazzy plus légères dans « Gnarlak Negotiations », on découvre « The Demiguise and the Occamy » et ses sonorités asiatiques/exotiques étranges à l’aide de gongs, de flûtes de pan et de bols en verre, cédant très vite la place à un nouveau morceau d’action/aventureux très réussi et accrocheur. A ce sujet, ne manquez pas la superbe envolée triomphante et très dansante du thème héroïque de Norbert à 2:44, un superbe passage durant lequel JNH semble s’être bien amusé, transformant son morceau en une véritable polka déchaînée et jouissive, pour une autre séquence de poursuite d’une créature magique.

« A Close Friend » dévoile un autre thème du score, le très beau thème de l’amitié, lorsque Norbert évoque les souvenirs de son amie d’enfance Leta Lestrange au cours d’une conversation avec Queenie. La mélodie se distingue ici par ses notes délicates entonnées par la chorale sur fond de cordes et de harpe. Plus important, « The Obscurus/Rooftop Chase » dévoile enfin le thème de l’Obscurus dans son intégralité, reconnaissable dans sa mélodie cyclique et répétitive de notes ascendantes/descendantes, suggérant l’idée d’un mal invincible et indestructible. Il s’agit par ailleurs de l’un des morceaux d’action majeur du score de « Fantastic Beasts », alors que l’Obscurus sème le chaos dans les rues de la ville, poursuivi par Graves et Norbert, une poursuite qui s’achève dans le dramatique « He’s Listening to You Tina ». A noter ici la reprise poignante de la mélodie de l’Obscurus, qui devient ici un thème élégiaque et poignant enfin libéré de toute sa noirceur, une très belle idée qui témoigne encore une fois du talent incomparable de James Newton Howard pour développer ses idées thématiques. « Relieve Him of his Wand/Newt Releases the Thunderbird/Jacob’s Farewell » accompagne l’acte final du film, pour la confrontation finale avec Croyance, Graves et Norbert, suivi de la révélation inattendue à la fin de la bataille. Le thème de Norbert est alors repris de manière plus optimiste et énergique à 3:41, ainsi que le thème de l’amitié repris dans une envolée particulièrement grandiose et émouvante au piano, aux cordes et aux choeurs à 5:14, typique des grandes conclusions auxquelles le compositeur nous a habitué dans certaines partitions (comme pour la fin de « Signs » ou de « The Last Airbender »). Le thème accompagne ici la scène de la pluie effaçant la mémoire de tous les habitants de la ville ayant aperçus les sorciers. JNH nous offre ici un passage émotionnel très inspirant comme lui seul en possède le secret, un vrai moment d’émotion qui se conclut sur un passage de cordes mélancoliques et de piano lorsque Kowalski fait ses adieux à Queenie à la fin du film – le morceau se termine par ailleurs sur le rag jazzy rétro de Kowalski –

« Newt Says Goodbye to Tina/Jacob’s Bakery » reprend une dernière fois le thème de l’amitié par un piano délicat lorsque Norbert fait ses adieux à Tina à la fin du film. Ici aussi, JNH cède la place à une émotion toute en délicatesse pour un passage extrêmement touchant, les cordes et les choeurs venant s’ajouter à la partie de piano pour une coda nuancée par le retour du thème jazzy de Kowalski dans « Jacob’s Bakery » (à noter ici l’emploi de la trompette en sourdine). Enfin, le générique de fin est accompagné du superbe « End Titles/Fantastic Beasts and Where to Find Them » qui reprend le superbe thème héroïque de Norbert, le thème de l’oiseau tonnerre et le thème de cordes de Norbert. A noter pour finir que le travail de James Newton Howard sur « Fantastic Beasts » se voit gratifié de deux éditions CD, une de 72 minutes, et une seconde édition « Deluxe » de 98 minutes, les 20 minutes supplémentaires présentant essentiellement des variations thématiques absentes de l’édition normale. Au final, difficile de faire la fine bouche devant une partition d’une telle qualité : « Fantastic Beasts » contient une variété d’émotions et d’ambiance d’une richesse ahurissante, avec une multitude de thèmes inspirés, une écriture très soignée et de très belles idées musicales plutôt rares dans la musique de film hollywoodienne des années 2000. Encore une fois, James Newton Howard nous prouve qu’il est le maître incontesté des musiques d’aventure et signe pour « Fantastic Beasts » une partition énergique, dramatique, drôle, héroïque et colorée, l’occasion de se souvenir de tout ce qui fait la richesse incomparable de la musique de film américaine à travers le travail somptueux de JNH sur le film de David Yates, du moins lorsqu’elle est portée à son apogée par un compositeur aussi talentueux que James Newton Howard. La musique nourrit ainsi les images par son énergie et son enthousiasme constant, multipliant les idées et les atmosphères avec une inventivité constante, tout en restant dans la continuité des précédents travaux du compositeur. Féerique, fantastique, poétique, touchante, sombre et épique, la partition de « Fantastic Beasts » est tout cela à la fois. Il ne fait donc nul doute qu’après un premier essai aussi concluant, l’univers musical de la franchise est indéniablement entre de bonnes mains, JNH s’avérant au final le digne successeur de John Williams sur le ‘Potterverse’ !



---Quentin Billard