1-Main Title 2.51
2-A Gift Of A Thistle 1.37
3-Wallace Courts Murron 4.25
4-The Secret Wedding 6.33
5-Attack On Murron 3.00
6-Revenge 6.23
7-Murron's Burial 2.13
8-Making Plans/
Gathering The Clans 2.05
9-'Son Of Scotland' 6.19
10-The Battle Of Stirling 6.07
11-For The Love of a Princess 4.07
12-Falkirk 4.04
13-Betrayal & Desolation 7.48
14-Mornay's Dream 1.18
15-The Legend Spreads 1.09
16-The Princess Pleads
For Wallace's Life 3.38
17-'Freedom'/The Execution/
Bannockburn 7.24
18-End Credits 7.12

Musique  composée par:

James Horner

Editeur:

London/Decca Records 448 295-2

Producteur:
James Horner
Montage de la musique:
Jim Henrikson
Assistant montage:
C.Cholvin, Joe E.Rand

Artwork and pictures (c) 1995 Twentieth Century Fox. All rights reserved.

Note: ****1/2
BRAVEHEART
ORIGINAL MOTION PICTURE SOUNDTRACK
Music composed by James Horner
Superbe fresque historique et guerrière de et avec Mel Gibson, « Braveheart » raconte le destin tumultueux de William Wallace (Gibson), héros et véritable symbole de l’indépendance écossaise, qui lutta farouchement à la fin du XIIIème siècle contre les troupes britanniques du roi Edouard Ier d’Angleterre, qui projetait alors d’envahir l’Ecosse. Véritable chef de guerre charismatique et admiré par ses hommes du clan des écossais unis, William Wallace mena l’attaque de front et multiplia les actions diverses contre les anglais. Après le meurtre de sa femme Muron (Catherine McCormack) par des soldats britanniques, Wallace décida d’entrer dans le conflit, la haine au coeur et la vengeance dans la peau. C’est au cours d’un de ses nombreux périples qu’il fit la connaissance de la princesse Isabelle de France (Sophie Marceau) avec qui il entretint une relation amoureuse secrète, jusqu’au jour où il fut finalement trahit par les siens puis torturé et finalement décapité. Le film de Mel Gibson prend bien évidemment des libertés par rapport à la véritable histoire de William Wallace (par exemple, ce dernier ne rencontra jamais la princesse Isabelle de France !) mais nous propose malgré tout un portrait romancé et fort de ce véritable symbole de l’indépendance écossaise, considéré comme une sorte d’emblème national héroïque en Ecosse. Initialement prévu pour Terry Gilliam, le film fut finalement réalisé par Mel Gibson qui passait pour la seconde fois derrière la caméra après « The Man Without A Face » en 1993. L’acteur/réalisateur y démontre ici un savoir-faire évident et une maîtrise impressionnante de son sujet : rarement aura-t-on vu au cinéma des batailles médiévales filmées avec une telle violence et une telle puissance visuelle, le tout servi par une mise en scène inspirée, un casting de grande qualité, des décors magnifiques et une émotion constante - avec quelques scènes assez dures et bouleversantes. Tour à tour guerrier, barbare et romantique, le film de Mel Gibson repoussait alors les limites des grandes fresques historiques et s’imposait définitivement comme l’un des chefs-d’oeuvre du cinéma américain des années 90, très justement récompensé par 5 Oscars en 1996, dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur. Après avoir travaillé sur le premier film de Mel Gibson, « The Man Without a Face », James Horner retrouvait à nouveau Mel Gibson deux ans plus tard sur « Braveheart ». Signalons d’emblée qu’il s’agit là d’un sommet absolu dans la carrière du compositeur américain, une partition symphonique absolument saisissante et bouleversante, une musique qui a d’ailleurs connu un très grand succès auprès du public à tel point que Decca Records, le label qui a édité le CD, décida finalement de sortir un volume 2 de la musique de James Horner - un fait rare et assez exceptionnel pour une musique de film. Encore plus exceptionnel, la bande originale de « Braveheart » eu même droit à ses propres spots publicitaires à la télévision, et fut finalement remixé par un groupe de techno. Rarement une musique de film aura connu un tel succès financier à son époque, un record à peine égalé par les BO de « Dances with Wolves » de John Barry ou de « C’era la Volta il West » d'Ennio Morricone. James Horner s'est donc attaché à décrire à travers sa musique les tourments d'un homme qui consacra toute sa vie pour la liberté de son pays. Le célèbre thème principal de « Braveheart » reste puissamment tragique, poignant, bouleversant. Le deuxième thème principal, lui aussi profondément tragique, représente l'histoire d'amour dramatique entre William et Murron, qui sera finalement assassinée par des anglais. James Horner illustre pour finir les décors écossais du film en utilisant un ensemble instrumental incluant cornemuse, kena et whistle irlandais. Le troisième thème principal de la partition de « Braveheart » n’est autre que le fameux « air interdit », une pièce jouée à plusieurs reprises par la cornemuse dans le film, alors qu’on nous explique que cet air populaire traditionnel a été banni du pays par les anglais. Ce thème écossais populaire accompagne tout au long du film la légende grandissante de William Wallace, un homme qui devient très vite populaire dans sons pays pour ses actions qu’il mène avec acharnement contre les anglais, à travers des morceaux tels que « Sons of Scotland » et « The Legend Spreads ». Les séquences de bataille s’avèrent être quand à elles plus décevantes musicalement parlant. James Horner lorgne un peu trop par moment vers le style des morceaux d’action de « Legends of the Fall », un fait particulièrement flagrant dans « Revenge », pièce qui porte d'ailleurs le même nom qu’un morceau dans « Legends of the Fall » (coïncidence ?). Horner illustre parfaitement à l’écran l’incroyable sauvagerie de ces batailles sanglantes opposant les anglais et les écossais, avec l’omniprésence de la cornemuse et de quelques instruments plus ethniques pour rythmer les musiques de bataille. Horner utilise pour finir quelques synthétiseurs plus discrets afin de renforcer le caractère massif et agressif de ces musiques, le tout sur fond de percussions endiablées. James Horner centre essentiellement sa musique autour du personnage de William Wallace. Son existence fut résolument tragique, noyé entre sa profonde tristesse et sa haine farouche contre les anglais. C'est ce que symbolise parfaitement le très bouleversant thème principal aux notes ascendantes, un thème au lyrisme profond que l’on a parfois comparé avec l’hymne central du mouvement « Jupiter » des « Planètes » de Gustav Holst. A noter que le compositeur nous offre enfin un dernier thème vers la fin du film, le thème de la liberté, qu’Horner n'a pas hésité un seul instant à repiquer de sa partition pour le film « Glory » (1990), thème entendu essentiellement dans le superbe final du film, « Bannockburn », pour la scène où les écossais livrent leur ultime bataille contre les anglais. Cette séquence est véritablement illuminée à l'écran par la merveilleuse musique de James Horner qui prend des proportions triomphantes à travers ce thème ample et solennel, partagé entre des cordes puissantes, une cornemuse toujours rattachée aux écossais et des percussions plus massives, concluant de façon solennelle et très prenante ce superbe final triomphant. L'exécution de William Wallace constitue à lui seul un grand moment de musique dans « Braveheart », aussi bien dans le film que sur l’album d’ailleurs ! Le crescendo dramatique de cordes s’amplifie fur et à mesure que Wallace est torturé par les anglais, jusqu'à exploser dans cette inoubliable séquence où Wallace, à bout, hurle de toute ses forces: « Liberté!!! ». La musique d'Horner prend alors une proportion quasi-épique et puissamment grandiose pour souligner le courage d'un homme intègre qui restera digne jusqu'à sa mort. Puis, la suite du morceau nous permet de retrouver le très poignant thème d’amour tragique, pour la scène où Wallace, avant de mourir décapité, revoit le fantôme de Murron. Les choeurs d'enfants interviennent ici pour rappeler le fait que William Wallace aura aimé toute sa vie cette femme, même depuis son enfance, et qu’elle aura été la principale cause de son envie de lutter contre l’oppression britannique. Peut être est-ce aussi une façon pour le compositeur de suggérer l’idée que Wiliam Wallace est en train de revoir toute sa vie défiler devant ses yeux avant de mourir, les voix possédant alors une connotation religieuse, un appel de l’au-delà vers lequel Wallace va désormais se diriger en paix pour l’éternité. Avec « Braveheart », James Horner nous a plus que jamais prouvé toute l’étendue de son savoir-faire et de sa grande sensibilité. Maître des émotions en musique, Horner nous rappelle aussi qu’il maîtrise plus que jamais le lyrisme avec doigté, le tout enveloppé dans un certain classicisme d’écriture parfois assez moderne. Hélas, et comme d'habitude, le compositeur cède encore trop facilement la place à ses propres influences et ses fameuses "redites-personnelles" ont aussi dérangé pas mal de monde sur cette musique. Certains ont par ailleurs sévèrement reproché le tapage médiatique/bourrage de crâne qui a entouré cette partition pendant plusieurs années, trouvant ainsi disproportionné le fait qu’un label décide de sortir deux volets discographiques d’une musique orchestrale pour un film de ce genre. Et pourtant, le résultat est bel et bien à la hauteur de tout ce que l’on pouvait espérer sur un film aussi important, et bien plus encore : James Horner nous offre l’une de ses plus belles partitions pour le film de Mel Gibson, servie par des interprètes remarquables, une musique profondément poignante, bouleversante, épique et guerrière, aux thèmes d’un lyrisme à fendre le coeur, tout simplement inoubliable. En clair : un très grand classique de la musique de film américaine des années 90, incontournable ! ---Quentin Billard