1-Thibault Goes To England 2.39
2-The Hag's Hut 2.28
3-Rosaline & Thibault 1.31
4-Hallucination & Execution 1.10
5-To Chicago 0.47
6-Kill The Car 1.59
7-Thibault Sees Julia 1.16*
8-My Cousin,
My Descendant 1.29*
9-Ode De Toilet 0.26
10-Tub For Two 1.03
11-So Many Descendants 0.21*
12-Kissing Cousins 0.38*
13-Searching For A Wizard 0.50
14-Another Visitor 0.44*
15-On The Bridge 1.55
16-Feel Like A Lady 1.04**
17-Andre Can't Ask 0.35**
18-The Wizard Pulls
Himself Together 1.02*
19-The Wizard Cooks 0.39+
20-Andre Asks To Stay 0.57**
21-Not A Bunny 1.04
22-The Big Chase 2.01
23-What Will I Do
Without You 1.45
24-Thibault & The Wizard
Return Home 1.52*
25-In The Icehall 1.08
26-Hunter Gets It/
Julia Sees The Castle 1.43
27-Your Time Will Come 2.56++

*Composé par Nick Glennie-Smith
**Composé par
James McKee Smith
+Composé par Geoff Zanelli
++Composé par John Powell,
Gavin Greenaway et Jeff Pescetto
Backgrounds Vocals:
Kudson Kai, Jeff Pescetto
Produit par:
John Powell, Gavin Greenaway.

Musique  composée par:

John Powell/Nick Glennie-Smith

Editeur:

Varèse Sarabande
302 066 239-2

Produit par:
John Powell
Musique additionnelle de:
Nick Glennie-Smith,
James McKee Smith,
Geoff Zanelli

Producteur exécutif pour
Varèse Sarabande:
Robert Townson
Monteur de la musique:
Bunny Andrews

Artwork and pictures (c) 2001 Gaumont & Buena Vista Pictures Distribution. All rights reserved.

Note: ***
JUST VISITING
ORIGINAL MOTION PICTURE SOUNDTRACK
Music composed by John Powell/Nick Glennie-Smith
C'est toujours pareil! Quand un film cartonne en France, Hollywood se sent toujours obligé de le rapatrier aux USA pour en faire un remake qui sent le réchauffé, le fast-food cinématographique. Il n'y a qu'à voir par exemple comment Mark Rydell a sut transformer l'immortel 'Les choses de la vie' de Claude Sautet en drame typiquement hollywoodien dans 'Intersection' (film qui reste malgré tout très sympathique en soi). Cette fois-ci, l'industrie à rêve à décidé de s'emparer des 'Visiteurs' de Jean-Marie Poiré, l'un des plus gros succès cinématographiques français de 1993, qui donna même lieu à une suite bien en dessous du premier opus. Il faudra attendre 2001 pour voir débarquer aux Etats-Unis 'Just Visiting' (Les visiteurs en Amérique), qui se trouve être un remake bien plat des 'Visiteurs', produit en partenariat avec Disney et Gaumont. Chose assez rare, c'est le réalisateur d'origine qui a tourné le remake U.S. de son propre film, Jean-Marie Poiré, crédité dans le générique en tant que 'Jean-Marie Gaubert'. On sent malheureusement que le système hollywoodien est passé derrière car la mise en scène a perdu beaucoup de son souffle dans cette 'transposition' américaine, de même que les quelques effets spéciaux bien gros tendance 'Les anges gardiens' n'a rien arrangé à l'affaire. Malgré tout, on retrouve les mêmes gags, le même humour et les mêmes personnages que dans le film d'origine, et ce à peu de choses près. Le scénario est toujours le même: durant la guerre de cent ans, au 12ème siècle, le duc français Thibault de Malfète (Jean Reno) est sur le point d'épouser Rosaline (Christina Appelgate), la fille du roi anglais. Jaloux de ce mariage, Earl of Warwick (Robert Glenister) réclame à la vieille sorcière du coin qu'elle empoisonne Rosaline, le jour de ses noces. Seulement voilà, c'est Thibault qui boit le verre empoisonné à sa place. Victime des pires hallucinations, il tue par mégarde sa promise. Le coeur brisé, il n'a plus qu'une seule solution avant d'être exécuté: demander au magicien (Malcolm McDowell) de lui faire remonter le temps pour pouvoir empêcher que tout ceci arrive. Seul problème: le magicien a oublié d'inclure un élément indispensable dans sa potion magique, et voilà que Thibault et son écuyer André le Pâté (Christian Clavier) se retrouvent propulsés au 21ème siècle, aux Etats-Unis, à Chicago. En se réveillant sur le lit de la chambre de Thibault reconstruite dans un grand musée pour une exposition sur le Moyen-âge, Thibault et André, totalement perdus dans ce siècle qui n'est pas le leur, rencontrent Julia Malfète (Christina Appelgate), qui se trouve être la descendance de Rosaline. Si le film a perdu de son intérêt par rapport au modèle d'origine, on ne pourra qu'apprécier l'effort fourni par John Powell sur 'Just Visiting', qui signe là un score orchestral sympathique dans la lignée de ses partitions plus récentes pour 'Chicken Run', 'The Road To El Dorado', 'Shrek' ou 'Antz'. Sa partition met en avant l'aventure des deux protagonistes du 12ème siècle dans le Chicago du 21ème siècle. Pour se faire, Powell et son équipe de Media-Ventures (Nick Glennie-Smith, James McKee Smith et Geoff Zanelli à la musique additionnelle) ont écrits un score orchestral doté d'un certain humour agrémenté d'un peu de sérieux pour les moments plus sombres ou plus dramatiques. Exit ici les repiquages du 'Robin Hood' de Michael Kamen et de l'album d'ERA effectué par Eric Levi sur 'Les Visiteurs'. On a droit ici à du 100% Media-Ventures orchestral, mais sans les synthés technoïsants habituels et chers à l'écurie de Hans Zimmer (cependant, plusieurs parties orchestrales sont samplées sur synthé, ce qui est un peu dommage) Avec une brillante introduction orchestrale ('Thibault Goes To England'), Powell donne d'emblée le ton du score avec l'introduction du thème principal, sorte de mélodie cuivrée héroïque et chevaleresque associé aux exploits, à la bravoure et à la noblesse de Thibault. Il s'agit encore une fois de ce genre de grands thèmes mémorables que l'on trouve dans 'Chicken Run' ou le récent 'Evolution' dans un style parfois similaire. Passé la séquence de la sorcière avec ses cordes sombres et espiègles ('The Hag's Hut'), 'Rosaline & Thibault' nous dévoile brièvement l'aspect plus romantique du score sur un ton plus léger tandis que l'on découvre le deuxième thème dans le dramatique 'Hallucination & Execution'. Le thème dramatique, doublé par un choeur, interviendra dans les moments plus dramatiques et émotionnels du film, rappelant à l'auditeur/spectateur que tout ce que fait Thibault, il le fait par amour pour sa promise qu'il a malheureusement tué accidentellement. Entre l'aspect héroïque et légèrement second degrés du thème principal et le côté sérieux et dramatique du second thème attribué à Rosaline/Julia, la partition orchestrale de John Powell va ainsi naviguer entre ces deux styles pour notre plus grand plaisir, même si l'ensemble n'a franchement rien de bien original ou de follement mémorable. Passé le mystère de la découverte du monde du 21ème siècle dans 'To Chicago' (avec sa chorale dans une écriture d'un classicisme étonnant pour le compositeur), 'Kill The Car' nous permet d'entendre un premier morceau d'action avec son lot de cuivres (toujours samplés), de percussions et de cordes typiques du compositeur pour la scène où Thibault et André détruisent la voiture (les producteurs du film ont préférés retirer la blague du 'Sarasin' à propos du conducteur noir, pour soi-disant éviter un sous-entendu raciste. Ceci étant dit, cela ne les a quand même pas empêchés de faire une blague sur les français du genre 'ils sont français? Oui, ça se voit'). On retrouve une très belle reprise du thème de Rosaline dans 'Thibault Sees Julia' à la guitare d'Heitor Pereira, lorsque Thibault voit Julia pour la première fois et croît reconnaître sa promise (on le retrouve de manière similaire dans le très beau 'So Many Descendants' ou 'Kissing Cousins'). Ces passages plus lyriques et romantiques apportent un peu de relief à ce petit score d'aventure sans grande prétention, si ce n'est de divertir le spectateur/auditeur au même titre que le film de Jean-Marie Gaubert (Poiré). A noter un petit bonus (absent du film) pour un 'Ode De Toilet' plutôt amusant, où le thème de Thibault est repris de manière plus lente par une flûte à bec avec une guitare, dans un style pseudo-médiéval et très second degrés (on sent que Powell s'est parfois bien amusé sur ce score, un peu comme dans 'Chicken Run' ou 'Antz'. On en viendrait presque à regretter l'absence de son compère Harry Gregson-Williams). Powell continue ses touches d'humour comme il le fait dans 'Tub For Two' écrit dans un style hispanique/brésilien avec la guitare soliste d'Heitor Pereira. Malgré le côté parfois un peu gratuit et décalé de ces quelques touches d'humour, on ne pourra qu'apprécier le fait que le compositeur n'ait pas trop voulu se prendre au sérieux, au même titre que le film lui-même (dommage que le réalisateur ait rejeté pas mal de morceaux, absents vers le milieu du film). On notera l'utilisation amusante d'une fanfare dans 'Searching For A Wizard' (Thibault se met en quête d'un enchanteur pour pouvoir retourner dans son époque), suivi d'une excellente reprise du thème héroïque/chevaleresque avec un sample de batterie pop/rock évoquant le Chicago du 21ème siècle (comme dans 'On The Bridge'), une bonne idée qui apporte un certain punch au score dans le film, un score qui ne manque décidément pas d'humour et de vitalité. On pourra aussi noter l'utilisation de synthés un peu bizarres dans 'Another Visitor' (arrivée du magicien), qui annonce déjà ici le style de 'Evolution'. La rencontre entre André et Angelique (Tara Reid inattendu. Qui aurait crut qu'on la verrait dans un même film en train de donner la réplique à notre Christian Clavier national?) donne l'occasion à Powell de nous dévoiler un nouveau petit 'Love Theme' délicat dans 'Feel Like A Lady', 'Andre Asks To Stay' et surtout 'Andre Can't Ask' (composé par James McKee Smith et Geoff Zanelli), où le thème est confié à la guitare pour la scène où André veut faire sa demande de liberté à Thibault, mais en vain. On découvre alors avec enthousiasme un superbe morceau d'action typique de John Powell dans un 'The Big Chase' à la 'Chicken Run' où le compositeur reprend le thème héroïque pour la séquence où Thibault, Julia et le magicien, tout trois à chevaux, sont poursuivis par la police. Le thème héroïque apporte une fois encore beaucoup de tonus à la scène tout en créant un certain climat d'aventure parfois proche de la caricature. C'est la séparation finale dans 'What Will I Do Without You' où revient le très beau thème de Rosaline/Julia, avant 'Thibault & The Wizard Return Home' où le même thème est de nouveau confié à un magnifique choeur pour le retour de Thibault au 12ème siècle, débouchant sur 'In The Icehall'. On notera pour finir l'utilisation d'un choeur quasi solennel dans 'Hunter Gets It/Julia Sees The Castle' après le départ de Thibault, et lorsque Julai découvre le château dont elle est l'héritière. S'il fallait une ultime preuve du fait que John Powell et ses compères se soient bien amusés sur 'Just Visiting', écoutez 'Your Time Will Come', chanson basée sur le thème de Julia (inutilisée dans le film) où les musiciens se sont réunis pour un final-bonus plutôt enjoué (tout comme la fin du film, originale, où l'on voit un acteur stopper le tournage de la fin et s'en aller en prétextant que le réalisateur n'a rien compris à son personnage). 'Just Visiting' plaira sans aucun doute à tout ceux qui ont appréciés les récents travaux de John Powell pour des films tels que 'Antz', 'Evolution' ou 'Chicken Run'. Si le score de 'Just Visiting' n'a ni l'humour ni la puissance de 'Antz' ou 'Chicken Run', il n'en demeure pas moins un très sympathique score orchestral plein d'humour, d'aventure et d'héroïsme caricatural, de quoi passer un bon moment de musique de film (avec ou sans le film), la musique étant d'ailleurs finalement utilisée avec parcimonie dans 'Just Visiting' (on sent ainsi le fait que le réalisateur est français, car il a voulu éviter de noyer le film sous des tonnes de musique comme Hollywood le fait trop souvent). Score totalement passé inaperçu, 'Just Visiting' est une petite partition d'aventure/comédie très sympathique, à (re)découvrir, surtout si avez adoré les récentes partitions orchestrales enthousiasmantes de John Powell, qui, décidément, n'a pas fini d'apporter un souffle nouveau chez Media-Ventures! ---Quentin Billard