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Vous en avez marre des comédies romantiques médiocres qui parsèment une bonne partie du cinéma américain? Alors 'As Good As It Gets' est fait pour vous! (en V.F., cela donne: 'Pour le pire et pour le meilleur') Cette excellente comédie de James L.Brooks (un spécialiste du genre) est sans aucun doute la meilleure comédie américaine de ces 10 dernières années, un mélange subtil entre humour, émotion et tendresse. Pour beaucoup, si 'As Good As It Gets' est aussi bon, c'est avant tout grâce au personnage principal incarné avec brio par un Jack Nicholson inspiré. A vrai dire, il est très difficile de ne pas admirer l'interprétation remarquable que nous offre Nicholson de son personnage de Melvin Udall, un écrivain misanthrope, égoïste, cynique et maniaque. Le célèbre 'bad boy' d'Hollywood s'est totalement glissé dans la peau de ce personnage qu'il interprète avec une aisance remarquable, une interprétation qui force le respect, justement récompensé par l'Oscar 1998 du meilleur acteur avec Helen Hunt. Melvin vit cloîtré dans son luxueux appartement de Manhattan où il écrit à la chaîne des romans sentimentaux. Sa vie se résume à une série d'habitudes et de manies quasi obsessionnelles comme par exemple emmener des couverts en plastique au restaurant ou marcher un pas sur deux en évitant toute trace de salissure sur les trottoirs de la rue, sans oublier une manie étrange: Melvin allume et éteint 5 fois d'affilé tous ses interrupteurs dans son appartement. Sa vie de maniaque change le jour où Simon Bishop (Greg Kinnear), son voisin peintre homosexuel se fait violemment agresser par des inconnus avant de partir d'urgence à l'hôpital, complètement ruiné. D'abord méprisant et égoïste, Melvin va se moquer de la situation de son voisin avant de commencer à comprendre qu'il est dans l'erreur. En parallèle à tout cela, il fait la connaissance de Carol Connelly (Helen Hunt), la serveuse de son restaurant préféré (Melvin réclame depuis toujours d'être servie par elle et elle seule!). Là aussi, le vieil homme va se montrer très rustre voire misogyne mais c'est à force d'efforts et de prises de conscience multiples que Melvin va commencer à changer sa vie et à sympathiser avec la jolie serveuse. Petit à petit, Melvin va tomber amoureux de Carol et va tenter de tout faire pour devenir meilleur, pris sous l'impulsion de ses sentiments qu'il n'arrive pas encore à maîtriser et qui lui font presque peur. Finalement, d'un individu cynique, odieux et rustre, Melvin Udall se transformera en être attentif, généreux, compatissant et sensible, un individu qui sait aimer, aider et respecter les autres. Une belle leçon d'humanité en soi.
Evidement, pour en arriver à un tel résultat, le chemin sera très long. C'est pourtant ce que James L.Brooks va nous proposer durant les 139 minutes du film. Bien entendu, les situations hilarantes ne vont pas manquer, surtout avec les répliques assassines que Melvin n'hésite pas à balancer à la figure de toutes les personnes qui vont croiser son chemin. (il faut le voir lorsqu'il 'descend' la réceptionniste du bureau de son imprésario qui est fan de ses romans qui - selon elle- cernent à merveille les femmes. 'Comment vous y arrivez...à cerner les femmes aussi bien?' demande t'elle, et Melvin de répondre: 'J'écris au masculin, et je soustrais la logique et les responsabilités!'. Cela en dit long sur le personnage en lui même) L'ironie veut justement que Melvin soit un écrivain qui, derrière son aspect odieux, cynique, égoïste et rustre, cache une très grande sensibilité qui ne demande qu'à être découverte. C'est d'ailleurs pour cela que Melvin écrit des romans qui touchent le coeur de tant de personnes. Tout le film sera parsemé de répliques amusantes, d'autres apportant réflexion comme c'est le cas avec la plupart des propos de Simon qui s'interroge sur le sens de sa vie alors qu'il est maintenant ruiné et qu'il a tout perdu. Lorsqu'il explique par exemple à son modèle (Skier Ulrich) que si l'on regarde quelqu'un assez attentivement, on pourra découvrir son humanité, Simon nous invite à réfléchir sur ce que Melvin passe la majeure partie de son temps à éviter: être attentif envers les autres et les respecter en tant qu'êtres humains. C'est ce qui fait finalement de 'As Good As It Gets' une comédie subtile sur l'amour, la sensibilité, la tolérance et le respect. Une histoire où chacun cherche ce qu'il veut et où les souhaits finissent un jour par s'accomplir avec un peu de patience et d'endurance. Une très belle fable humaine, une comédie incontournable!
Après avoir composé la musique de 'I'll Do Anything' (La petite star), Hans Zimmer retrouve à nouveau James L.Brooks sur 'As Good As It Gets' où il nous livre un score comédie plein de fraîcheur et de légèreté, un petit score modeste qui n'apportera rien au genre de la musique de comédie mais qui à au moins le mérite de nous rappeler une fois encore que Zimmer n'est pas le gros bourrin des musiques d'action comme certains ont pu le prétendre à un moment donné. Le score se base autour de deux thèmes, le thème principal léger attribué à Melvin et à sa romance avec Carol, et un thème plus intime exprimant la sensibilité et l'histoire dramatique que vit Simon. Le film s'ouvre donc au son du thème principal où le compositeur assoit le matériau instrumental de sa partition: pas de gros orchestre ni de synthé ici. Le score s'axe donc autour d'une petite formation instrumentale assez modeste avec un petit orchestre et quelques solistes dont un piano, une clarinette (décidément, Zimmer semble apprécier cet instrument - cf. son score pour 'Nine Months'), un violon, un alto, un violoncelle, une basse, une flûte, un hautbois, un basson et une harpe.
Le thème principal apparaît dès le début du film à la clarinette doublé par quelques cordes plus rythmiques et entraînantes. Le thème principal de 'As Good As It Gets' est sans conteste l'un des plus sympathiques thème de comédie du compositeur, une mélodie légère et innocente qui résume à elle toute seule la poésie de cette jolie fable humaine et drôle à la fois. Quand au thème de Simon, souvent plus associé au piano ou à d'autres instruments solistes, il offre un excellent contrepoids sentimental à ce joli score somme toute très sympathique, qui oscillera entre moments plus humoristiques où le compositeur utilise une excellente écriture de cordes légères pour retranscrire tout le côté maniaque de Melvin et quelques passages plus intimes pour son amitié naissante avec le chien de Simon ou sa générosité naissante avec Simon et Carol (Zimmer utilisant dans ces passages une très belle écriture entre cordes et piano).
Le thème principal sera présent tout au long du score, développé sous différentes variantes toutes plus sympathiques les unes que les autres, le compositeur s'arrangeant pour lui donner un côté parfois plus intime ou romantique suivant les différentes situations qu'affrontent Melvin tout au long de son aventure. Derrière ce joli thème léger et sautillant se cache un message de le part du compositeur: sourire à la vie, s'ouvrir à cette vie, prendre la vie du bon côté comme le dit la chanson clé du film: 'Alwas Look On The Bright Side of Life' (l'ironie veut que Melvin chante justement cette chanson sur son piano dans la séquence où il est chez lui avec le chien de Simon). Avec ce thème léger et frais, Zimmer à su retranscrire tout ce qui fait l'émotion et la sensibilité de ce film qui cache un vrai message positif sur la vie derrière le côté plus humoristique voire satirique du personnage de Melvin Udall.
Sans être un grand chef-d'oeuvre du genre, 'As Good As It Gets' n'en demeure pas moins une petite BO de comédie sympathique, un bel effort de la part du compositeur qui délaisse pour une fois ses synthétiseurs habituels et ses guitares électriques pour nous offrir un petit score 100% instrumental, modeste, léger, frais, intime et amusant. Un peu de poésie et de douceur dans ce monde de brute. Pas indispensable mais tout de même très sympa!
---Quentin Billard
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