1-Main Title 3.02
2-New Identity 2.24
3-Ambulance Steal 2.27
4-Meet Chiun 6.01
5-Rooftops 3.12
6-Climbing Test 4.30
7-Chiun Fights 1.09
8-Remo Floats 2.12
9-The Statue 2.27
10-Liberty Chase 4.36
11-Wet Cement 2.30
12-Chiun and Remo 2.42
13-Smart Dogs 4.28
14-Military Base 3.40
15-Back to Base 0.42
16-Exploring Assignment 3.46
17-Log Chase 7.07
18-Crave Gets It 1.40
19-Remo's Big Ending 2.00

Musique  composée par:

Craig Safan

Editeur:

Edition promotionnelle
RW 5891

Album promo produit par:
Craig Safan
Interdit à la vente.

(c) 1985. All rights reserved.

Note: ***
REMO WILLIAMS: THE ADVENTURE BEGINS
ORIGINAL MOTION PICTURE SOUNDTRACK
Music composed by Craig Safan
Dans la liste des navets hollywoodiens tout droit sorti des bonnes vieilles années 80, ‘Remo Williams: The Adventure Begins’ fait office de petit chef-d’oeuvre du genre. Réalisé par le parisien Guy Hamilton (à qui l’on doit des films tels que ‘Battle of Britain’ ou ‘Goldfinger’), ‘Remo Williams’ met en scène Fred Ward dans la peau de Remo Williams, ancien policier devenu malgré lui un agent d’une organisation gouvernementale secrète dirigée par le président des Etats-Unis. Cette organisation surnommée ‘Cure’ est chargée de surveiller et d’anéantir tous les individus qui complotent et corrompent le gouvernement et la constitution américaine. C’est en simulant sa mort que le flic banal devient finalement Remo Williams, oeuvrant dans le secret absolu sous une nouvelle identité, sans laisser de trace. Ses deux recruteurs, Harold Smith (Wilford Brimley) et MacCleary (J.A. Preston) confient Remo aux soins de Chiun (Joel Grey), un vieux coréen maître de Sinaju, un art martial particulièrement dévastateur dont sont originaires la plupart des arts martiaux que nous connaissons touts aujourd’hui (karaté, ju-jitsu, etc.). En quelques mois, Chiun va devoir prendre son mal en patience pour enseigner cet art coréen à son nouveau disciple et le former à temps pour sa nouvelle mission, qui consiste à espionner et neutraliser Grove (Charles Cioffi), un homme d’affaire véreux qui est en train de commercialiser un fusil spécial alors qu’une malfonction a déjà provoqué la mort d’un soldat lors d’un entraînement militaire. Le major Rayner Fleming (Kate Mulgrew) est chargée d’enquêter dans le milieu militaire pour tenter de coincer Grove et ses infâmes magouilles, qui réplique en envoyant aussitôt ses sbires afin d’intimider le major et de l’encourager par la force à abandonner son enquête devenue plus que gênante. C’est là qu’interviennent Remo et McCleary, qui protègent le major et vont affronter par la suite les sbires de Grove. Désormais, Remo Williams va devoir user de toute sa maîtrise du Sinaju pour vaincre ses ennemis et défaire une bonne fois pour toute Grove.

Scénario minime et réalisation ultra plate pour cette adaptation pâlichonne d’une série de romans à succès des années 70, ‘The Destroyer’. Guy Hamilton ne brille pas par sa subtilité en tournant l’oeuvre d’origine à la dérision permanente et au second degrés franchement lourdingue. Les dialogues sont mauvais, les situations parfois ridicules (la scène de la poursuite avec les chiens est grotesque, limite cartoon) et le rythme pas toujours bien géré (la scène de l’affrontement en haut du chantier de la statue de la liberté est bien trop long pour le peu d’intérêt qu’il apporte au film), sans oublier le fait que les méchants sont systématiquement ridicules (le pauvre Patrick Kilpatrick a l'air d'un demeuré lorsqu'il nous sort son sourire de méchant niais!) et ont le charisme d'une huître (on aura rarement vu des méchants aussi 'mauvais' dans le sens technique du terme!). Quand au duo Remo/Chiun, il rappelle immanquablement celui de Daniel et Miyagi dans ‘Karate Kid’, en bien moins inspiré. A vrai dire, ‘Remo Williams’ c’est un peu une sorte de croisement entre le ‘Karate Kid’ de John G. Avildsen et le ‘Nikita’ de Luc Besson pour l’intrigue du parfait inconnu reconverti du jour au lendemain en agent à la solde du gouvernement. C’est gros, bête, mal foutu et pas marrant pour un sou, bref, c’est le parfait navet hollywoodien en provenance des ‘eighties’, idéal pour se laver le cervelle pendant 1h30, mais qu’on oubliera très vite!

Craig Safan nous livre pour ‘Remo Williams’ un score d’action/aventure parfaitement ancré lui aussi dans l’atmosphère des années 80. En plus de la traditionnelle formation orchestrale, Safan utilise une pléiade de synthétiseurs kitsch et datés et de quelques sonorités asiatiques/exotiques évoquant les enseignements de Chiun. Le compositeur annonce la couleur dès le traditionnel ‘Main Title’ où se mettent en place le thème principal du film, thème d’aventure héroïque et cuivré évoquant les exploits de Remo (on est guère loin par moment de la fanfare de ‘The Last Starfighter’, en bien moins prenant), avec une batterie/rythmique électronique très ‘eighties’ et quelques nappes de synthé daté. Très vite, un motif de 4 notes se met aussi en place, partagé entre cordes et synthé, motif associé aussi à Remo Williams mais intervenant plutôt dans les passages plus atmosphériques et tendus. L’alternance passages orchestraux/rythmiques électroniques kitsch jure parfois un peu dans le contexte du ‘Main Title’, mais elle sert néanmoins à poser les bases d’une partition énergique assez entraînante dans le film bien que sans surprise particulière. Les rythmiques électroniques se veulent plus présentes dans ‘Ambulance Steal’ (scène où Remo quitte l’hôpital en volant une ambulance) tandis que ‘Meet Chiun’ nous permet finalement de découvrir les sonorités asiatiques associées à Chiun et à ses enseignements. ‘Meet Chiun’ paraît même assez étrange avec ses sursauts sonores parfois assez incongrus, Safan mélangeant cithare asiatique, flûtes exotiques, tambours et percussions asiatiques diverses avec quelques sonorités synthétiques dans un mélange à la limite de l’expérimental, évoquant parfaitement à l’écran les pouvoirs particuliers du maître (comme par exemple son incroyable capacité à éviter les balles de pistolet et à désarmer un adversaire en s’emparant de son chargeur et en le vidant devant ses yeux). Si ‘Meet Chiun’ paraît donc quelques peu étrange à l’écoute (même dans le film), ‘Rooftops’ nous permet de revenir dans un style plus calme et conventionnel lorsque Remo s’entraîne avec Chiun sur le bord du toit d’un immeuble afin de maîtriser sa peur du vide. On retrouve les sonorités asiatiques dans un style plus paisible représentant ici le début d’un enseignement long et périlleux.

Puis, très vite, Safan nous amène à découvrir le sympathique thème associé à Chiun, une mélodie aux consonances résolument asiatiques (utilisation de la traditionnelle gamme pentatonique assez stéréotypée) qui se double d’un côté noble et vaguement majestueux, évoquant la grandeur d’esprit du vieux maître coréen. C’est ce que l’on découvre dans l’excellent ‘Remo Floats’, où le thème est repris d’une façon plutôt majestueuse évoquant la satisfaction du maître et les efforts de Remo qui commence enfin à maîtriser ses nouveaux pouvoirs (scène où il court sur la plage en flottant par dessus le sol, apprenant à alléger le poids de son corps). L’action pointe alors le bout de son nez dans ‘Liberty Chase’ pour l’affrontement sur la statue de la liberté en construction. Cuivres syncopés, cordes, percussions et synthés s’en donnent à coeur joie pour évoquer l’excitation de la confrontation, Safan se montrant particulièrement à l’aise dans son écriture orchestrale très rythmée même si on regrettera l’emploi trop systématique et envahissant des synthétiseurs kitsch qui ont parfois tendance à gâcher les passages orchestraux du score, rabaissant ce dernier au rang de musiques de série-B d’action à petit budget. On pourra néanmoins apprécier quelques sympathiques morceaux d’action comme la poursuite dans le ciment de ‘Wet Cement’, l’affrontement avec les chiens dans le très rythmé ‘Smart Dogs’ ou le gros morceau d’action pour la confrontation finale dans ‘Log Chase’ avec ses élans héroïques où Safan s’amuse à reprendre son thème d’aventure cuivré entre deux passages orchestraux/électroniques d’une grande efficacité. A noter une reprise finale très majestueuse du thème de Chiun dans le traditionnel happy-end du film, ‘Remo’s Big Ending’.

Point de surprise à l’horizon pour un score digne d’une bonne partition de série-B d’action sans grande prétention. Avec cet album promo, Craig Safan nous offre 60 minutes d’un score énergique et rythmé qui, malgré son manque d’originalité et la présence envahissante de ses synthétiseurs ‘eighties’ irrémédiablement kitsch, parvient néanmoins à retenir notre attention à défaut de nous laisser un souvenir impérissable. Craig Safan fait partie de ces compositeurs artisans qui connaissent leur métier sur le bout des doigts mais qui n’ont jamais vraiment particulièrement brillés. Le compositeur de ‘The Last Starfighter’ nous offre malgré tout une partition d’action/aventure datée et sans plus, qui colle parfaitement au film de Guy Hamilton en y apportant son lot d’action, d’envolées héroïques et de thèmes sympas, et qui fleure bon le parfum des scores de série-B d’action des années 80, mais qu’on oubliera certainement très vite!


---Quentin Billard