1-The Mandala 1.38
2-Whidbey Island 3.21
3-Under The Bed 2.48
4-Cuddle 1.27
5-Beach 1.59
6-Scribbles 2.38
7-Blackout 3.16
8-Palm Readings 4.12
9-I Love The World 0.52
10-Help! 1.20
11-I Have To Look 4.09
12-Can I Talk ? 5.25
13-Eyes 2.15
14-The Tear 4.07
15-Through The Looking Glass 5.02
16-Hello (I Love You) 6.16*

*Ecrit par Roger Waters et
Howard Shore
Interprété par Roger Waters.

Musique  composée par:

Howard Shore

Editeur:

Silva Screen SILCD1231

Score produit par:
Howard Shore
Monteurs musique:
Jen Monnar, Angie Rubin

Artwork and pictures (c) 2006 New Line Productions, Inc. All rights reserved.

Note: **
THE LAST MIMZY
ORIGINAL MOTION PICTURE SOUNDTRACK
Music composed by Howard Shore
« The Last Mimzy » (Mimzy, le messager du futur) est l’adaptation cinématographique d’un roman de science-fiction du duo d’écrivain Henry Kuttner et C.L. Moore (« Mimsy were the Borogoves »). Réalisé par Robert Shaye, « The Last Mimzy » raconte l’histoire incroyable de deux jeunes enfants, Noah et sa petite sœur Emma, qui, un jour, découvrent une étrange boîte perdue au beau milieu d’une plage. Ils décident d’ouvrir la boîte et y découvrent des objets étranges et un mystérieux lapin qu’Emma baptise « Mimzy ». Très vite, les enfants semblent alors développer d’étranges pouvoirs et capacités quasi surnaturelles. Noah, qui n’a jamais brillé à l’école, se retrouve du jour au lendemain transformé en véritable génie scientifique. Emma, quant à elle, manifeste soudainement des pouvoirs psychiques puissants. Face à l’inquiétude grandissante des parents de Noah et Emma, Larry (Rainn Wilson), le professeur de science de Noah, comprend que les enfants ont été transformés afin d’accomplir quelque chose qui les dépasse complètement. Et comme si cela ne suffisait pas, le FBI décide alors de s’en mêler et d’enquêter sur les mystérieux jouets récupérés par les deux enfants. Mais Emma et Noah savent qu’ils doivent continuer l’aventure malgré tout et protéger Mimzy et ses précieux secrets. Ils iront jusqu’au bout pour cela.

Le scénario de « The Last Mimzy » est assez inventif et plutôt complexe pour un film destiné aux enfants. On y parle de voyage dans le temps, de pouvoirs télékinésiques, de mantra, de communications par la pensée, etc. L’histoire demeure assez sophistiquée, même si la mise en scène de Robert Shaye n’est pas toujours à la hauteur - la séquence où intervient le FBI frôle un peu la caricature. Le film rappelle beaucoup par moment l’ambiance de classiques du genre tels que « D.A.R.Y.L. » ou bien encore « E.T. », films qui ont manifestement inspiré « The Last Mimzy ». Les deux jeunes enfants nous offrent une interprétation plutôt réussie malgré leur âge (la petite fille est très convaincante !) entouré de quelques têtes connues comme Timothy Hutton, Joely Richardson, Michael Clarke Duncan et l’excentrique Rainn Wilson (plus connu pour son rôle dans la série TV « The Office »). Le film parle de l’influence de la technologie sur l’identité et les émotions humaines, et le lien de plus en plus évident entre les avancées technologiques et le recul des émotions humaines (la perte d’une partie de notre patrimoine génétique). Malgré tous les moyens déployés (un casting assez solide, des effets spéciaux réussis, des scénaristes de renom tels que Toby Emmerich ou Bruce Joel Rubin, « The Last Mimzy » ne laissera pas un grand souvenir et reste figé dans son statut de divertissement familial fantastique mais sans grande envergure. Malgré une intrigue somme toute assez sophistiquée, le film ne décolle pas vraiment mais se laisse malgré tout regarder avec un certain plaisir. A noter pour finir qu’il faut absolument éviter la version française du film, qui est d’une nullité rarement égalée au cinéma !

A la musique, on retrouve Howard Shore, qui change ici de registre, après un petit détour du côté de chez Cronenberg (« A History of Violence ») et Scorsese (« The Aviator », « The Departed »). Le compositeur de la trilogie « Lord of the Rings » signe pour « The Last Mimzy » une partition symphonique sobre, mystérieuse et envoûtante. Son score repose essentiellement autour d’un thème principal exprimant à la fois la magie et le mystère de la découverte des deux jeunes enfants. « The Mandala » ouvre ainsi le film avec cette mélodie de cordes à la fois ample et majestueuse, typique de Shore. « Whidbey Island » évoque la beauté des paysages et de la plage où habitent Emma, Noah et leurs parents. On découvre ici un thème plus majestueux et aérien confié à un piano et des cordes, une mélodie qui n’est pas sans rappeler certaines mesures de « Lord of the Rings ». La musique devient alors plus ambiguë avec quelques légères dissonances et hésitations aux cordes, lorsque les deux enfants découvrent le mystérieux objet sur le bord de la plage. Shore réutilise alors le thème principal, qui glisse furtivement d’une note à une autre en alternant violoncelles et violons de façon plus mystérieuse. Cette idée se prolonge dans « Under The Bed » qui illustre les nouveaux pouvoirs des jeunes enfants, où le thème principal est à nouveau repris, alternant comme d’habitude son motif furtif de violoncelles et ses 3 notes brèves de violons/bois. Comme pour « Whidbey Island », on ne sait pas si la musique se veut rassurante ou au contraire inquiétante. Les dissonances ambigües sont toujours là, comme pour personnifier l’inquiétude de la découverte de ces nouveaux pouvoirs venus d’ailleurs. Et pourtant, la musique évite de basculer totalement dans la noirceur, Howard Shore ayant préféré opter pour une approche plus nuancée et retenue.

« Cuddle » et « Beach » se veulent plus doux d’esprit avec un développement du thème familial de « Whidbley Island » aux bois (qui rappellent toujours énormément certains passages de « Lord of the Rings », à commencer par le thème de la confrérie). Shore renoue dans ces morceaux avec un style « comédie » plus proche de ce qu’il a fait par le passé sur des films tels que « Big » ou « Mrs. Doubtfire ». La légèreté de sa musique devient plus transparente dans « Scribbles », qui se place clairement du côté des enfants, avec ses bois sautillants, son piano léger et ses allusions constantes aux notes furtives du thème principal. Dommage que des morceaux comme « Blackout » ou « Palm Readings » semblent tourner quelque peu en rond, Shore donnant parfois l’impression de ne pas trop savoir quoi faire avec ses motifs et ses harmonies parfois maladroites (beaucoup d’octaves creux et d’intervalles vides - une volonté musicale esthétique du compositeur qui finit par lasser à l’écoute !). Si le piano de « I Love The World » se veut plus touchant et émotionnellement plus présent que les deux précédents morceaux susnommés, « Help ! » bascule dans un sentiment plus dramatique avec des cordes sombres, sentiment confirmé dans « I Have To Look » où le thème principal est repris dans un sentiment d’urgence et de danger. L’action pointe alors le bout de son nez avec des rythmes martiaux et des cordes plus sombres, lorsque le FBI s’est emparé des enfants et de leurs mystérieux objets. Le morceau instaure une atmosphère de danger qui nous permet enfin de sortir de la torpeur et de l’ennui de certains morceaux précédents. Idem pour « Can I Talk ? » lorsque les deux jeunes héros réussissent à s’échapper des locaux du FBI pour terminer leur mission. « Tear » et « Through The Looking Glass » apportent un climax à la partition de « The Last Mimzy » avec des cordes plus amples et dramatiques, teintées de quelques dissonances. A noter, pour finir, que le compositeur a co-écrit la chanson du générique de fin avec Roger Waters, célèbre chanteur du groupe mythique Pink Floyd réclamé par le réalisateur lui-même pour la chanson conclusive « Hello (I Love You) », une chanson un peu étrange qui semble sortir du contexte du film de Robert Shaye.

Au final, « The Last Mimzy » s’impose par son ton étrangement nuancé et ambigu pour une comédie d’aventure familiale de ce genre. Howard Shore joue sur une certaine forme de magie retenue, sans jamais tomber dans de grandes envolées orchestrales ni même de grands élans cuivrés. On est bien loin ici d’une musique pompeuse et débridée à la John Debney. A contrario, Shore a préféré traiter l’histoire sur un ton plus retenu et mystérieux, même si l’on retrouve une forme de lyrisme typique du compositeur, héritée de « Lord of the Rings » et du style musical qu’il s’est forgé sur les comédies familiales des années 90. Mais à trop vouloir jouer sur l’ambigüité et la retenue, le score de « The Last Mimzy » finit par lasser et provoque un ennui véritable, qui devient particulièrement flagrant vers le milieu de l’album. Ses accords hésitants et ses cordes hasardeuses finissent par plomber l’ambiance musicale particulière qu’a voulu créer Shore pour le film de Robert Shaye. C’est d’autant plus dommage que le parti-pris de vouloir composer une musique nuancée et retenue pour une aventure de science-fiction familiale était assez osé à la base, mais ne réussit pas si bien que cela au final. Il manque une certaine magie, une certaine folie à cette musique trop carrée, et finalement trop molle pour réussir à convaincre totalement. Pire encore, l’interprétation de l’orchestre semble totalement froide et dénuée du moindre enthousiasme. Ainsi donc, « The Last Mimzy » n’est malheureusement pas le nouveau grand score d’Howard Shore qu’on était en droit d’attendre de lui sur ce type de film, et déçoit par sa froideur et son manque de magie. On pourrait même être en droit de penser que le compositeur a tout simplement manqué d’inspiration sur ce film. En un mot : dommage !


---Quentin Billard